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Full text of "La survivance (1948-09-30)"

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PPT LS LIS IIS 


fn Amérique, dans cette 


onisée et saxonisante, nous le savons 


gintenant: nous sommes r 


atmosphère 


estés catho- 


fques parce que nous sommes restés 


français- 


gt venu le salut. 


ALLÉE ACTION 


Bbatteuse automobile. 


Byrain. d'abord coupé el laissé sur le champ. est recucilli par 
On croit simplifier ainsi les procédés de 
la récolie en certaines régions. 


Prenons notre part des 


Après Dieu voilà d’où nous 
Abbé GROULX. 
gode dock lock ah cho dechire 


/ 


| 
| 
| 
| 


prres fertiles du pays 


ant que nos familles rurales 
pteront de nombreux en- 
Bts et qu'il restera dans notre 

Hs des terres arables à occu- 

P, la colonisation sera à l’or- 
De du jour. Il faudra en parler, 
Maudra surtout la pratiquer. 

Et pas seulement dans les 
Mrs encore. boisés et propres 
Mi: culture de Îa province de 
ébec, Ces coins sont d’ailleurs 
Butés, ils ne pourront jamais 

bevoir tous les fils de nos cul- 

teurs qui voudraient conti- 
er la profession paternelle, au 
Fe d'aller s'enfermer dans les 
cs. 
Bors, il faut regarder en de- 
ns des frontières de la vieille 
B'ince, vers ces espaces où les 
Bsibilités d'établissement ru- 
sont encorc très grandes. 

D faut regarder vers l'Ouest. 
Mn est encore temps de réparer, 
artie du moins, des erreurs 
Bt les étrangers ont profité à 
D dépens. Si seulement nous 
M UIONs ne pas les répéter ! 
und Monseigneur Taché de- 
Mndait aux vieilles paroisses 
Mbicoises d'envoyer de leurs 
Milles sur les terres fertiles 
Mroccupées de l'Ouest, il s’est 
Quié des gens qui ont fait ob- 
Ace à ses appels prévoyants. 
M royalent pouvoir garder sur 

Sierres déjà trop petites tous 
M fs de nos familles agricoles. 
connait les résultats lamen- 
Mes de leur politique à cour- 
en ‘ues. Les vieilles paroisses ne 
Quant contenir et faire vivie 
D nombreux enfants, ceux-ci 
@ alléreni par milliers chéer- 
A leur pain quotidien dans les 
nes de la Nouvelle-Angleterre. 
Ballaient à l'étranger en quête 
pue subsistance qu'ils auraient 
A trouver en abondance dans 

lines de l'Ouest. Ils étaient 
AUS pour la patrie canadien- 


es désirs clairvoyants de Mgr 
£ se fussent-ils réalisés, au- 
ART, entre les frontières de 
Retrio ct les Rocheuses, d'im- 
es régions rurales auraient 
Me physionomie catholique et 
case. 
De nest pas pour la pleurer 
dlilement que nous rappelons 
Mccte erreur du passé. Elle 
M UOUS servir de leçon pour 
present et l'avenir. 
Re si les conditions ont 
USE considérablement depuis 
.… MO ou soixante ans, il est 
MOre possible aux familles du 
D ec qui veulent garder leurs 
ns © la profession agricole, 
D'cnir s'établir dans l'Ouest. 
Mit, depuis quelques annéés, 
Fa se sont dirigées ‘vers 
Ba ViCre-læPaix. Elles n'ont 
Au à le regretter. Elles sont 
établies solidement sur de 
ASS icrres fertiles, elles pré. 
; pt pour leurs enfants un bel 


A qu'elles ont fait, pourquoi 
FES ne le feraient-elles pas 


MGUe année, d'ailleurs, un 
pre considérable de jeunes 
: de jeunes ménages quit- 
M © Québec pour d’autres 
: ECS èt même pour les 

“Unis. Ils s’y fixent souvent 
Atit bonheur, au gré du ha- 
Où de leur fantaisie, Ils se 


Em — 


trouvent parfois égarés dans des 
milieux anglo-protestants, sans 
Paide et la compréhension de 
concitoyens de leur langue et de 
leur religion. Ils risquent de se 
perdre, d'oublier ce qu'ils sont. 

Ne voudrait-il pas infiniment 
mieux les orienter vers des cen- 
tres canadiens-français déjà éta- 
blis dont ils contribueraient à 
accroître Îles forces, à assurer 
définitivement la survivance ca- 
tholique et française ? 

Ceux qui s'opposent encore 
par aveuglement à l’établisse- 
ment rural des nôtres en dehors 
du Québec, et particulièrement 
dans l'Ouest, ne se rendent pas 
compte qu’ils donnent en plein 
dans les idées de nos adversaires 
qui voudraient parquer les Ca- 
nadiens français dans la “réser- 
ve québécoise”. Ce qu’ils repous- 
sent en paroles comme une in- 
jure et une injustice, ils l'admet. 
tent en réalité, ils le pratiquent 
pour leur propre compte. Et pen- 
dant ce temps, les émigrés d’Eu- 
rope entrent à pleines Pons et 
occupent des places où jes nôtres 
auraient pu s'établir. 

Il est beau de dire et de ré- 
péter que nous devons être chez 
nous partout au pays, que le Ca- 
nada tout entier est notre patrie. 
Mais il serait bien plus beau 
d'accorder notre conduite à nos 
paroles, de réaliser pour notre 
part ce que nous affirmons si 
hautement. | 

Ne nous excluons pas nous- 
mêmes de la participation aux 
richesses nationales dont la ter- 
re est et restera l’uns des plus 
grandes et des plus solides. Et 
si nous avons décidé d’y renon- 
cer librement, eh bien ! laissons 


disponibles; ne parlons 
contre l'immigration. 

Nos paroisses rurales de J’Al- 
berta espèrent que de jeunes cul- 
tivateurs du Québec viendront y 
travailler et,s'y établir. 

Elles comptent que des famil- 
les nombreuses, prévoyant l’ave- 
nir de leurs enfants, sauront 
comprendre que lAlberta offre 
des possibilités d'établissement 
rural qu’elles trouveraient diffi- 
cilement ailleurs. 

N'abandonnons pas aux autres 
les terres les plus fertiles du 
pays. C’est à nous d’y prendre 
notre place. < 


—————— 


Une sauvegarde de la vie 
religieuse et morale 


plus 


“Les Souverains Pontifes ont 
souvent prôné l'attachement ou 
le retour à la terre comme une 
sauvegarde de la vie religieuse 
et morale. Léon XIII montre 
dans la participation à la pro- 
priété du sol le moyen de com- 
bler l’abiîme qui FA l'opu- 
lence.dé la misère. Pie XI, le 1er 
mai 1927, rappelle à des pèlerins 
venus de Belgique que “le sol 
est la première richèsse d’une 
nation, et l'agriculture, l’indus- 
trie la plus naturelle, la plus vi- 
tale et la plus importante”. 

Lettré pastorale des évêques 
: de Québec, 1946. 


À 


| 


Jes étrangers envahir les espaces ; 


IOSOUF. ALBERTAIN A 


EDITION SPECIALE — SEPTEMBRE 1948 


CANADIENNES-FRANÇAISES ET SUR LES TERRES FERTILES DE L'ALBERTA 


C'est la troisième année consécutive que Je cômité d'agriculture de l'Association canadienne- 
L'idée, lancée par l'exé- 
cutif de notre Association à l'automne 1945, s'est réalisée grâce à la coopération fraternelle des 


française de l'Alberta prend part à l'exposition provinciale de Québec. 


Canadiens français des deux provinces. Elle a déjà: produit, croyons-nous, d'excellents résultats. 


Nous tenons à remercier ici la province de Québec qui a accueilli nos représentants d'une 
façon princière, qui a même rendu leurs voyages possibles. Cette année encore, nos compatriotes 


du Québec nous prêtent mäin-forté dans l'impression de ‘ce numéro spécial de la “Survivance". 
À tous nous voulons dire notre'plus vive reconnaissance. 


À ceux qui visiteront notre kiosque et à qui nous aurons l'honneur de remettre ce numéro de 
l'organe officiel de l'ACF.A. nous croyons convenable de donner quelques explications sur le but 


de notre participation à l'exposition de Québec. | 


Dans une province de plus de 800,000 habitants, un groupe d'environ 42,000 Canadiens français, | 
la plupart originaires de la vieille province, plusieurs des Etats-Unis, ont réussi à survivre au point. 
de vue national et religieux, malgré l'influence peu sympathique de certains milieux. Depuis l’arrivée 
en Alberta des premiers colons, il y a plus d'un demi-siècle, des paroisses canadiennes-françaises se 
La foi y est vivante, le désir de 


sont formées, elles ont grandi, elles sont aujourd'hui prospères. 


leurs frères de la province de Québec 


LSMECATION AUX CULTIVATEURS A VENIR S'ETABLIR DANS LES PAROÏSSES 


St S L rv V a 


Organe de {’Association Canadienne-Française de l'Alberta 


garder la langue et les traditions françaises n'y e$t pas moins fort. Bien qu'ils soient en minorité, 


fermement décidés, au contraire, à mener la lutte Æsqu'au bout. 
4 


Seulement, les Franco-Albertains comptent sur leurs frères du Québec. 
prendre que leurs propres intérêts sont en jeu partout où il se trouve des Canadiens français qu 


les Canadiens français n'ont aucunement le goût Ÿ se laisser absorber et de disparaitre. 


Ils sont 


Ceux-ci doivent com- 


combattent pour les droits de leur langue et de leur religion. La paix et la prospérité de tout le 


Canada demandent d'ailleurs que ces droits soient reconnus et respectés. 
t ° . . . ë d a A . NS # = Ni : ° 
l'Ouest ont jusqu'ici vaillamment tenu le coup, grâce à leur énergie et à leur travail sans doute 
mais grâce aussi à votre aide. Ils espèrent que cette aide ne leur fera jamais défaut. 


Vos compatriotes de | 


{ 


Ce numéro spécial de la “Survivance" vous donnera des renseignements sur la vie matérielle 
et spirituelle de nos différents groupes en Alberta... Nous croyons qu'après l'avoir lu, plusieurs 


Canadiens français du Québec voudront aller la partager, qu'ils’ seront disposés à faire les sacrifices 


nécessaires pour fortifier de leur présence et de leur-travail des frères, des amis, même de proches 


parents, qui se sont établis en Alberta pour y rester. Nos paroisses les attendent. 
besoin dé professionnels : médecins, dentistes, agronomes, etc. 
n'est pas, lui-même, suffisant pour répondre à tous les besoins des nôtres. 


Nous avons 
Notre clergé canadien-français 


Ce que nous voudrions surtout, c'est un nombre considérable de cultivateurs qui viendraient 
renforcer nos paroisses rurales. Ils y trouveraient des cadres déjà. solides où ils pourraient exercer 


leurs initiatives et leurs talents. Ils y seraient stimulés par l'exemple d'autres cultivateurs, leurs. 


frères, qui font honneur à l’Alberta par leur esprit progressif et leur volonté d'y établir une vie agri- 


cole familiale. Nous comptons beaucoup sur ceux-ci pour assurer notre survivance. 
leur nombre n'est pas suffisant si on le compare au développement général de la province. 


. ï D E : : ar , | cai s situés dans Ï rd 
Nous serions donc heureux de recevoir chaque année des cultivateurs du Québec qui viendraient ESS SE Alberta dans. 


Cependant, 


nous aider à consolider nos paroisses rurales, et même à les étendre. lls trouveraient sur nos terres 


fertiles de quoi payer largement leurs labeurs et assurer l'avenir de leur famille. 
pay 


LE COMITE D'AGRICULTURE DE L'ASSOCIATION 


CANADIENNE-FRANÇAISE DE L'ALBERTA 


L'apiculture se développe considérablement en Alberta et met sur le marché un miel exceptionnellement doux qui fait les délices 

dés connaisseurs. Chäque ruche neut facilement donner 230 livres de miel par année. Parmi les plus gros. apiculteurs de 

l'Alberta, nous comptons des Eaœnadiens français de Girouxville, de Donnelly et de Falher. Par leur esprit d'initiative, ils sont 

en train de donner à la Rivière-la-Paix une nouvelle rènommée que devrait aîftirer les Québécois qui aiment jouer avec leurs 
- amies les abeilles et goûter le miel de leur propre rucher. 


L'EXPOSITION AGRI 


l 


« 


COLE 


agronome 


Durant plusieurs années, après 


| Par J.-M. FONTAINE, 
| 
| 
| 


Pérection- d'une ‘partiestes-fer- 


‘ritoires du Nord-Ouest en pro- 
| vinces, un colon pouvait se ren- 
dre acquéreur d'un quart de sec. 
tion, soit 160 acres, pour 10.00. 
Les seules conditions requises 
étaient la mise en cuiture de 
quelques acres, la construction 
d'une habitation très modeste et 
june résidence de quelques mois. 

Cependant, depuis quelques 
années, cette loi des homesteads 
a été modifiée en Alberta. Une 
traduction de notre loi actuelle 
4 des terres apparait dans d’autres 
colonnes de ce numéro de la 
Survivance. Pour éviter les ré- 
pétitions, nous n'en donnerons 
ici aucun détail. 
i Nos centres canadiens-fran- 
et le nord-est de l'Alberta, dans 
cette partie de la province la 
i plus propice à la culture mixte 
qui devient de plus en plus en 
honneur chaque année. Nous de- 
{vons affirmer en toute sincérité 
que les manques complets de ré- 
coltes n'ont jamais éprouvé Îles 
| fermiers de ces districts. 

Les vents chauds, les séche- 


resse et les insectes nuisibles aux : 


céréales ou aux plantes fourragè- 
res sont localisés dans le sud ct 
le sud-est de la province. Les 


orages de grêle dévastateurs sont: 


aussi très rares dans le nord. Nos 
céréales hâtives. produit du tra- 
vail toujours constant et vigilant 
de nos scicntistes agricoles, dé- 
jouent aussi les gelées qui se font 
d'ailleurs de plus en plus rares. 

Je disais un peu plus haut que 
le nor de notre province où nos 
frères sont organisés en parois- 
ses, est propice à la culture mix- 
te. Eh bien! oui. Depuis déjà 
une quinzaine d'années, on 
s’adonne à Ja production des 
plantes fourragères sur une gran- 


de échelle. Même si jusqu'à pré-! 


sent nos ferntiers se sont surtout 


des graines de légumineuses: lu- 
zernes et trèfles, nombreux sont 
ceux qui, aujourd'hui, font du 
foin fout comme dans Québce. 
La seule différence, c’est que nos 
gens font des meubles de foin 
dans les champs au lieu de l'en- 
granger. 

Alors à ceux qui sont sous l'im- 
pression qu'en venant en Alber- 
ta ils s'éloigneront des travaux 
de fenaison, de traite de vaches 
ou du soin des porcs, je dis bien 
humblement: détrompez-vous ! 
Car la clef du succès en Alberta, 
comme ailleurs, est la culture 
mixte reposant sur une rotation 
à base de piantes fourragères qui 
contrôlera les mauvaises herbes 
et préviendra l'érosion du sol 
par l’eau et le vent. Car il ne 
faut pas se faire illusion, la mo- 


Un champ de blé dans le distr 
centres de ce district, y compris Falher, comptent parmi ceux 
qui reçoivent le plus de grains dans le monde entier. 


icl de la Riviere-ta-Paix. Trois 


Possibilités d'établissement 
| rural en Alberta 


—— 


qu'en Québec pour une ferme, et 
travailler tout comme ici pour 
| réussir, quels sont donc les avan- 
i tages de s'expatrier? Voici com- 
ment fe-les-conçoissr- ts 
! Nos paroisses agricoles du Qué- 
{bec sont déjà remplies, plusieurs 
(APRES ont été subdivisées pour 
retenir les fils près du foyer pa- 
ternel. Dans la plupart de nos 
familles, il v a plusieurs héri- 
iticrs alors qu'on peut n'en éta- 
blir qu'un sur le bien ancestral. 
Les autres devront quitter pour 
aller fenter fortune ailleurs. Les 
; possibilités d'établissement ru- 
{ral en Québec deviennent de plus 
en plus limitées malgré l'aide de 
l'Etat, Alors il ne reste qu'une 
issue: Iles villes et centres in- 
dustriels pour une jeunesse saine 
let virile qui n'est pas préparée à 
devenir de simples ouvriers. 
C'est le début de la dégénéres- 
icence nationale et, avouons-lÎe, 
\ religieuse. Les statistiques sont à 
l'appui de notre énoncé. 

N'est-il pas du devoir de toute 
| personne, intéressée au dévelop- 
FRERE de tout notre vaste pays, 
intéressée surtout à l'expansion 
de la race ct de la religion, de 
bien orienter cette belle et virile 
|icunesse vers une noble mission 
i pour laquelle la Providence mé- 
me semble J'avoir préparée: la 
conquête du sol, la création de 
nouvelles paroisses et l'érection 
de clochers sur tout un continent, 
clochers qui demeureront tou- 
iôurs comme des monuments iné- 
branlables à Ja gloire du Christ 
veillant sur ses enfants. 
; Certes la séparation est cruclle 
pour quiconque voit sa patrie en- 
{cerclée par les horizons d'une pa- 
! roisse ou encore d’une province. 
{ Mais Je missionnaire qui laisse 
{SON pays pour aller évangéliser 
jies païens ne cesse de nous redire 
lles joies intérieures qu'il ressent 
alors qu'il a la satisfaction du 
devoir accompli. 

Un devoir nous incombe à tous 
l'aussi, pères et mères de familles 
d'un peuple terrien. C'est celui de 
conserver l'amour du so! chez 
nos enfants et de leur en faciliter 
la conquête afin de leur conser- 
ver les vertus dont ils ont hérité 
| d'ancêtres qui font l’orgueil de 
notre peuple. 
Nous avons en Alberta des fer- 

mes fertiles, faciles à cultiver, 
fermes où l'égouttement et le 
chaulage ne créent pas un pro- 
blème. La culture mécanisée 
(motorisée) simplifie le travail 
jus facon à le rendre des plus 
agréables. Le prix de ces fermes 
est élevé, je le concois. Mais le 
genre d'établissement ou de colo- 
nisation qui s'impose aujourd'hui 
est bien différent et plus avanta- 
geux que celui d'il y a un demi 
ou même un quart de siècle. 

Pourquoi un diocèse du Qué- 
bec ne sé ferait-il pas le parrain 
d'un de nos centres canadiens- 


noculture des céréales en hon-; français de l'Alberta et n’enver- 
neur depuis trop d'années nous |raitil pas un grand nombre de 
a prouvé sans l'ombre d’un dou-|familles dans ces centres? Ces 
te qu’elle est responsable des rui-}| familles alors souffriraient moins 
nes agricoles qu’elle entraine à sa; de l'isolement que si elles quit- 
suite. ne . [taient une à une se dirigeant vérs 

Donc s'il n'y a plus de terrain |une région inconnue. Nombreu- 
| (homestead) à obtenir du gou-/|ses sont les familles dans le Qué- 


“ dans Ja production 


vernement, à moins de résider bec possédant un capital humain 
deux ans en notre province, s'il | SE 
faut payer aussi cher en Alberta (Suite à la page 4) 


DE QUE! 


.«# 


EC : 


EP 


£ 
i 


Le 50! fertile du Nord albertain fait aussi 


i 


Invitation aux amis du Québec à venir le constater. 


la prospérité du commerce. 


RONDELET ET FILS 


Marchands 
GIROUXVILLE 


A A AT ELU A NT 


RAS An 2e ar rc Pre 


aan 0 bi meu20) 


ÉD EN AREA EE LA DA 


M. THEODORE REMILLARD 


nn DT LT TOUS 
SU ANR RE LA ART D RE D 


Marchand 


Invite ses amis da 
; : 


Saint-Camille de Bellechasse 


4 


à venir goûter les bons produits de l'Alberta 


FRANCIS SAINT-JEAN 


ses parents et amis de l'Est. 


Les propriétaires de la salle de billard de Girouxville. 


La famille 


salue 
o 


Comptez sur nous, parents:et amis de l’Assomption, 
pour scier et blanchir la belle épinette de la 
Rivière‘la-Paix, Venez bâtir chez nous ! 


SAINT-ANDRE ET FILS 


GIROUXVILLE 


ARRETE 


Amis de la Baie et de Sainte-Monique de Nicolet, 
venez admirer nos camions chargés de beau blé ! 


Nous transporterons avec plaisir celui que vous 
aimerez venir récolter chez nous. 


ADOLPHE BOISVERT 


10518, ‘avenue JASPER 


Camionneur 
GIROUXVILLE 


ssarneunenn 


SAR LD DE OH 


PAUL CHATAIN, gérant 


EDMONTON, Alts. 


Avec les hommages de 


L'EDMONTON PAINT 


 & GLASS CO. LTD. 


A. E. ROCQUE, gérant 


es pt 


CS AR fe ae gite ne de ee pt pe 


.On compte en Alberta environ 
42,000 Canadiens français, en 
grande majorité cçultivateurs. 
ette population française est 
répartie en trois districts bien 
groupés, comprenant chacun 
douze à quinze paroisses, soit 
en tout quarante centres: région 
d’Edmonton, région de Saint- 
Paul et Bonnyville, région de la 
Rivière-la-Paix., Voici quelques 
détails sur nos différents cen- 
tres, ainsi gun aperçu général 
sur lagriculutre en Alberta. 


Région No 1 — 
. + Edmonton et environs 


Population française. de cette 
région : 16,000 


Edmonton — Capitale de l'Al- 
berta — Population totale: 
| 
{ 


au 
delà de 120,000. Population ca- 


Les amis de la région des 
Trois-Rivières sont cordiale- 
ment invités à venir savou- 
rer sur place le miel déli- 


Le , La 
cieux de l'Alberta ensoleillée 


ST-ARNAUD 
& FRERES. 


Girouxville 


Venez visiter nos belles ter- 


res de la Rivière-la-Paix, 


citoyens de la province de 
Québec. 


Le comité de colonisation 
de Girouxville est À votre 


disposition. 


Didier Girard, 


secrétaire 


LA CE F. à. 


A.-J. KEROACK, gérant 


Etat. on:1905 . 


10135 — 108e RUE 


| 
VIDE — Vide Rue 


Péfiottations à Radio-Edmonten 


CR. FROST LIMITER 


INCENIBURS — PLOMBIERS. 


TERRES À VENDRE 
FMMEUBLES ET ASSURANCES |. 


CT TS 


tholique: environ ,20,000. Popu- : 


lation française: environ 5,000. : 

Paroiïisses exclusivement fran- 
çaises: | i 

Saint-Joachim, fondée en 1891 
(église-mère d'Édmonton). diri- 
gée (as les. Oblats; environ 300 
familles; caisse populaire; Jar- 
din d'enfance; ecole Grandin; 
Maison provinciale des Objats:. 
Association de* Parents et Mai- 
tres. - 

Jnnaeniéeponcepions Clergé 
séculier (abbé Ketchen) environ 
250 familles; caisse populaire; 
couvent de l’Assomption. 

Paroisses mixtes (bilingues): 

Saint-François: RR. PP. Fran- 
ciscains: Collège Saint-Antoine. 
Saint-Edmond: séculiers. 
Edmonton est le siège de l’As- 
sociation canadienne-française 
de l'Alberta: A.C.F.A. On y trou- 
ve les organisations suivantes: 
Association canadienne-françai- 
se. Librairie française, Concours 
de français. Société d’Enseigne- 
ment postscolaire. Fédération 
des Coopératives Franco-aiber- 
taines. Journal: La Survivance. 
Collège classique Saint-Jean, di. 
rigé par les Oblats. Trois hôpi- 
taux catholiques dont deux bi- 
lingues. Chevaliers de Colomb 
(cercle La Vérendrve). ; 
Belle classe professionnelle: 
médecins, dentistes, avocats, 
‘hommes d’affaires. 

Saint-Albert à 8 milles 

d’'Edmonton. 125 familles: siège 
du premier évêque de l’Alberta, 
transporté plus tard à Edmon- 
ton. Première cathédrale, cons- 
truite en bois rond, encore de- 
bout et convertie en musée. Mo- 
nument au Père Lacombe qui a 
construit la première cathédrale. 
Tombeau de Mgr Vital Grandin. 
premier évêque. Cimetière où 
reposent les corps de nombreux 
missionnaires de l'Ouest. Nom- 
breux souvenirs au musée, Lam- 
pe de sanctuaire qui était à Pa- 
ray-le-Monial ‘lors des 'appari- 
tions à Marguerite-Marie se trou- 
ve dans la grande église. Pen- 
sionnat et hospice de vieillards 
dirigés par les Soeurs Grises de 
Montréal. | 
Morinville — à 19 milles d’Ed- | 
monton. Fondé par J’abbé J.-B. 
Morin en 1891. L'abbé Morin 
était originaire de Saint-Paul de 
Joliette et devint missionnaire 
<olonisateur. 275 familles dont 
225 canadiennes-françaises. Cou. 
vent Notre-Dame dirigé par les 
Filles de Jésus. Caisse populaire. 
Coopératives. Bureau de l’agro- 
nome bilingue, Curé actuel: M. 
l'abbé Tessier. 
Legal — à 32 milles d'Edmon- 
tou. Fondé en 1905, compte 280 
familles; paroiïisse agricole, Cais- 
se populaire et coopératives. 
Couvent du S$acré-Coeur dirigé 
par les RR. S$. Grises. Curé: M. 
l'abbé Bérubé. 


Picardville à 50 milles 
d'Édmonton. 92 familles dont 70 
canadiennes-françaises.  Parois- 
se ouverte en 1912. Ecole sous 
la direction des Filles de Jésus. 
Curé: M. l’abbé R. Barbeau. 
Vimy — à 40 milles d'Edmon- 
ton. Fondé en 1919. Paroisse de 
100 familles presque ioutes ca- 
nadiennes-françaises. Ecole: sous: 
la direction des Filles de Jésus. 
Magasin coopératif, 


Curé: M. 

Pabbé N. Therrien. 
Villeneuve — à 17 milles d’Ed- 
monton. Environ 50 familles ca- 
nadiennes-françaises. 
Rivière-qui-Barre — à 28 mil- 
les d'Edmonton. 15 familles ca- 
nadiennes-françaises. 

Lamoureux à 20 milles 
d’Edmonton. Environ 60 famil- 
les canadiennes-françaises. 
Beaumont — à 22 milles d'Ed- 
monton (au sud). 145 familles 
canadñennes-françaises. Ecole 
sous la direction des Filles de 
Jésus. Caisse populaire. Coopé- 
rative d’oeufs. Coopérative d’é- 
lectricité. Bellé paroisse agrico- 
le, Curé: l'abbé JE, Lapointe, 


Félicitations à Radio-Edmonton 


Tél 31826 


. EDMONTON 


ROBERT CROTEAU ET LOUIS BALAND || 


ENS PES PER PE 


“LA: SURVIVANCE 


Renseignements généraux 
_ sur les Franco-Albertains 


pérative d'expédition d'animaux 


Région No'‘2 — 
Bonnyville-Saint-Paul 


Bonnyville — à 175 milles 
d'Edmonton, au nord-est. Parois- 
se fondée en 1909, comprenant 
250 familles, en majorité cana- 


diennes-françaises, Couvent diri- 


gé par les Soeurs de lPAssomp- 
ton de Nicolet. Caisse pots 
re. Coopérative. Hôpital dirigé 
par les Soeurs de la Charité 
d'Evron. Curè intérimaire: Ab- 
bé R.-M. Lerouge. Conseil Thé- 
rien des Chevaliers de Colomb, 


. Autres paroisses 


environnantes 
Fort Kent — à 9 milles de 


Bonnyville. Belle paroisse de 80 
familles (environ) canadiennes- 
françaises. Couvent des Soeurs 
de Sainte-Croix. Curé: l’abbé L. 
Connoir. 
La Corey — à 14 milles de 
Bonnyville. Environ 50. familles 
canadiennes-françaises,  Ensei- 
gnement par les Soeurs de l'As- 
somption. Caisse populaire. 
Lac Froid — à 40 milles de 
Bonnyville. Paroisse de 40 fa- 
milles canadiennes -‘françaises. 
FN DIRES de colonisation. Pé- 
che. 
Saint-Paul à 125 milles 
d'Edmonton. Fondé en 1909 par 
le R. P. Thérien, O.M.I.,, mission- 
naire-colonisateur. 290 familles 
canadiennes-françaises. Desser- 
vi par les Oblats. Couvent des 
Soeurs de l’Assomption. Hôpital 


dirigé par les Soeurs Grises de 
Montréal. Caisse populaire. Coo- 


et de consommation. Bureau de 
l’'agronome bilingue du district. 


Dans le trou du golfeur. 


À, 
l’exposition 


Voici fa semaine de l'Exposition, 
Et tout le monde rit et jubile. 
Même les habitants y viendront: 
Sont pas plus‘ bêtes que ceux “ la 

: viffa. 


A l'honneur, seront les animaux, 

Du plus petit jusqu’au plus gros : 
On aura des courses de chevaux, 
Et des expositions de ‘taureaux, 


C'est une merveilleuse invention, 
Que ces grandes expositions. 

Sur le terrain on trouve de tout, 
De quoi satisfaire tous les goûts. . 


Caux qui aiment payer l'impêt, 
Et se faire tondre la laine du des, 
Pourront donc se satisfaire, 


Dès leur entrée 3 la barrière. 


Puis vous passez au grand “‘‘stand'', 
Pour écouter jouer la ‘band’. 

(Pour parler en bon français : 

La fanfare sort ses sifflets). 


Quand vient le temps des courses, 
Les amateurs délient leurs bourses. 
Ils gagent sur les meilleurs chevaux, 
Et se font ‘‘laver”’ comme des 

| poireaux. 


Souvent f fait une grande chaleur: 
Alors on prend une petite liqueur: 
D'autres ont la bouche plus raffinée: 
ls “lichent”’ un cône de crème glacée, 


Les “blondes” aux bras de leurs 
[ garçons, 
Font le tour de l'Exposition. 
D’autres montent sur les petits 
[ chevaux, 
Ou bien s'amusent dans les autos, 


Je vous envoie une invitation 

A venir à l'Exposition. 

Vous aurez bien du bonheur, 

Et vous y verrez même le Goffeur. 


Le GOFFEUR. 


Dr CHAS. LEFEBVRE 


B.A.M.D. — L.M.C.E. 


Bureau: Edifice Tegler._ 
EDMONTON, Alba. 


RSR 


|ALB. ST-ARNEAULT 


Chevaliers de Colomb, Conseil 


environnantes 


Satnt-Edouard — à 9 milles 
de Saint-Paul. Paroisse de 65 fa- 
milles canadiennes - françaises. 
Caisses populaire. Curé: M. l’ab- 
bé Thibault. : : 

- Lafond — à 14 milles de Saint- 
Paul. Paroisse de 100 familles ca- 
nadiennes - françaises environ. 
Soeurs de Sainte-Croix. Caisse 

opulaire, Artisanat rospère. 
Étre M. l'abbé P. Mailloux. 

Saint-Vincent — à 12 milles 
de Saint-Paul. 55 familles cana- 
diennes-françaises. Soeurs de 
VAssomption. Caisse populaire. 
Curé: R.P. S. Chalifoux, S.Sp. 

Thérien — à 22 milles 
Saint-Paul. Environ 55 familles 
canadiennes-françaises. Soeurs 
de lAssomption. : 

Sainte-Lina — à 32 milles de 
Saint-Paul. 65 familles canadien- 
nes-françaises, Soeurs de Sainte- 
Croix. Caisse populaire, coopé- 
rative. Curé: M. l'abbé Delisle. 

Mallaig -— à 22 milles de Saint- 
Paul. 50 familles canadiennes- 
françaises. Caisse populaire. 
Soeurs de J'Assomption. Curé: 
M, l'abbé R. Ricard. 


Autres centres : région du Lac 
La Biche et Plamondon, 
Breynat, etc. 


* Breynaf — à 25 milles au nord 
de Saint-Paul, desservi par un 
agronome bilingue. 

Plamondon Couvent des 
Filles de Jésus. 60 familles ca- 
nadiennes-françaises. 

Lac-la-Biche — Hôpital, Filles 
de Jésus. 20 familles canadien- 
nes-françaises. L’élevage du vi- 
son s’y pratique sur une grande 
échelle. 

Lac-des-Oeufs — Mission. 


Région No 3 — 


Rivière-la-Paix 
McLennan — à 275 milles 
d'Edmonton. Population fran- 


caise: 550. Siège de l'évêché de 
Grouard: Son Exec. Mgr U. Lan- 
glois, O.M.I.. vicaire apostolique; 
Son Exc. Mgr H. Routhier, ©. 
MI., coadjuteur. Paroisse Saiïint- 
Jean-Baptiste, dirigée par les 


Oblats. Hôpital (Soeurs de la 
Providence). Ecole séparée. Pe- 
tites missionnaires de Saint- 
Joseph. 


Donnelly — à 10 milles de 
McLennan. 125 familles cana- 
diennes - françaises, Couvént. 
Caisse populaire. Magasin coopé- 
ratif. Soeurs de Sainte-Croix, 

Father — à 8 milles de Don- 
nelly. Population canadienne- 
française, 200 familles. Couvent, 
Soeurs de Sainte-Croix. Caisse 
populaire, coopératives de con- 


sommation, d'expédition, de 
graines de semence. Site du fu- 
tur collège agricole. Conseil 


Grouard des Chevaliers de Co- 
lon. 

Girouxnille — à 7 milles de 
Falher. 150 familles canadien- 
nes-françaises. Eglise. Couvent 
(Soeurs de Sainte-Croix). Pèle- 
rinage. Caïsse populaire et co- 
opérative. 

Guy — à 10 milles au sud de 

Donnelly. Population canadien- 
ne-française: 100 familles. Egli- 
se, école, caisse populaire, cen- 
tre agricole. 
Jean-Côté -— à 11 milles au 
nord de Girouxville. Eglise, 
écoles. caisse populaire. Centre 
agricole de 80 familles canadien- 
nes-franbaises. 

Tangente — à 34 milles de 
Falher. Population de 409 Ca- 
nadiens français environ. Eglise, 
école-pensionnat, Soeurs de Ste. 
Croix, caisse: populaire, coopé- 
ratives, garde-malade diplômée. 
Pays neuf. 

Codesa — à 49 milles. de Fa- 
Ther. Paroisse nouvelle de 125 
Canadiens français. Eglise avec 
curé résidant,. Mission à Eagle- 
sham. 

.Joussard — Population catho. 
ide de 222 résidanis. Eglise, 
cole. . 


Hommages de 


East End Service Station 


| EDMONTON, Alta. 


10650-A — 105e RUE 


._ PEPIN ET FILS 


MARGHANDS DE PIANOS ET' D'ORGUES | 


EDMONTON, Alta. 


g . 


nr 


Téléphone 25416 


randin. 
Autres paroisses 
| 


de |. 


Hommages de 
Û 
M PAUL-E. POIRIER, C.R. 
- Avocat 
Milner — Diet — Poirier — Martland et Bowker 


Edifice Banque Royale 


Edmonton, Alta, 


Avec les hommages du 


"Dr L.-P. MOUSSEAU 


EDMONTON, Alberta 


Hommages de. 


CE. GARIEPY, CR. 


Avocat — Notaire 


Edifice Canada Permanent 


EDMONTON, Alberta 


Téf. 27882 


à 


Félicitations à Radio-Edmonton 


Dr PAUL HERVIEUX 


Dentiste 


10104 — 124e RUE 


« 


EDMONTON, Alberta 


NOS HOMMACGES AUX QUEBECOIS 


H. MILTON MARTIN 


ET 


ADRIEN BLAIS 


\ 721 EDIFICE TEGLER 


à 


+ 


: 


e 


. Hommages de 


JOS. BEAUCHAMP, gérant 


i 


nn Hôtel Cecil, | 
| Cie, Limitée |] 


EDMONTON 


En Alberts depuis 1892 


mme ? 


A. TOUS LEURS 
QUI. VIS 


L'EXPOSITI 


LES PAROISSIENS DE 


_ SAINT-JOACHI 


: paroisse-mère d'Edmonton, 
sont heureux d'adresser un message de 
solidarité catholique et française 


Ils se joignent à tous les groupes franco-albertains 
pour inviter les gens du Québec 
à venir visiter 
notre province ensoleillée 


JEAN PATOINE, O.M.I. curé 


La paroisse de Falher et la 
paroisse Notre-Dame de 
lourdes Girouxville, Afta 


ont l'ambition, amis du Québec, de copier vos belles paroisses 
des bords du Saint-Laurent, 


Elles possèdent quelques-unes de vos oeuvres si belles 1 


églises paroissiales desservies par les Oblats, dortoirs-pension- 


nats dirigés par les RR. SS. Sainte-Croix, de Montréal, cercles 


de fermières, associations canadiennes-françaises, comités de 


colonisation, comités de loisirs, magasins coopératifs, caisses 


populaires, coopératives d'expédition d'animaux, magasins gé-, 


néraux, hôtels, etc. 


Un pèlerinage à Notre-Dame de Lourdes, Girouxville, 


amère des milliers de pèlerins chaque année. 


: (=) 
Venez, chers. amis, fortifier ces jeunes cadres ! 


Le conseil paroissial de Falher, 


"Le conseil paroissial de Girouxvitle 


L'EGLISE DE BEAUMONXT 


| Le curé ct les paroissiens de Beaumont, 4 


de Québec. 


l 
g'berta. envoient leurs sauts. à leurs parsnis et ani | 


LA SURVIVANCE 


Les trois régions agricoles et 
leurs genres de culture 


Par }.-M. FONTAINE, 


agronome 


| 
| 


dans la Riviére-la-Paix de gar- 
der quelques vaches laitières ou 
ä. boeuf, des porcs, des moulions 
el des volailles, 

Les résultats d'une saine ex- 
ploitalion agricole dans l'Ouest 
sont semblables à ceux du Qué- 
bec. 

Nous voulons des colons im- 


Région No 1 


La rêgion agricole d'Edmon- 
: ton est considérée la plus fertile 
| de toute notre province, Son sal 
| humifére est très propice à la Ve Se ge 
| rousse des céréales. On spécia- bus d esprit de travail et d'éco- 
| lise surlout dans la production “omie: des colons dont la foi en 
l 
{ 
i 
L 


de J'avoine et de l'orge. Les ren- l'agriculture se traduit en un 
!dements d'avoine de 980 bois. [Mode de vie et non en une fin 
Uk seaux à l'acre sont assez com- uHime de s'enrichir aisément. 
muns. L'apiculture allant de pair 
Dans un concours provineial #vee la culture des trèfles. il va 
‘d'orge en 1946. la région. de Moa- {SANS dire que Fa production du 
‘‘ rinville s'est vue décerner les 2%: miel est trés avancée dans tous 
‘des prix accordés aux districts nos distrivis canadiens-francçais. 
- du nord de nor province. Lä où, il x a quelques années on 
: Les conditions climatériques | devail importer le "miel peur 
de ce coin du pays, comme d’ asl- consommation domestique. on 
jieurs des deux autres régions où enregistre une production de 
‘18e trouve la majorité de nos fer- {centaines de mille livres. 
| 
| 
i 
L 


A er Pa 9 
ns 


miers ceanadiens-français, ren- Plusieurs apiculteurs intéres- 
dent possible la culture de toutes | CS récemment ont admis avoir ‘ 
extrait au dela de 200 livres de. 


les plantes fourragères connues : 
miel par ruche, 


dans le Québec. En effet, la Hu- 
\ zerne, les trèfles rouge et alsike, 
| de même aue le hrome inerme, 
j le mil, le fétuque et le paturin 
l bleu poussent à merveille. C'est 
{| dire que la culture mixte est ap- 
;| pelée à jouer un rôle prépondé- 
Î rant dans la stabilité économi- 
ii que de notre agriculture. 


Région No 2 


Possibilités d'établissement : 


Dans chacune de nos régions. 
il Va des terres à vendre soit 
par des gens de nationalité 
étrangère ou par les nôtres. Na- 
turctlement les prix varient avec 
les régions et Îles distances des 
centres, Nous crovons être juste 
en disant que $600.00 peuvent 
acheter 160 acres de terre vier- 
ge en pays de colonisation. soil 
dans la Riviére-la-Paix, soit au 
nord de Bonnyvville ou au Lac 
Froid. Tandis que pour se ren- 
dre acauéreur d'une belle ferme 
bien bâtie, toute en production 
dans le district d'Edmonton, l'on 
devra débourser jusqu'a S12. 
090,00, La movenne étant d'envi- 
ron $6.000.00 pour ia région 
Saint-Pud-Bonunvville, $8.000.00 
pour celle d'Edmonton et S$f.- 
000.09 à'la Rivière-la-Paix. 

[l nous faut ajouter les com- 
mentaires de 90% de nos visi- 
teurs de l'Est: Si les conditions 
de culture en Alberta étaient 
connues de nos frères du Qué- 
bec, ious les jours nous en amè- 

Là comme dans le district inéraient des centaines”. Et nous 
d'Édmonton et de Saini-Paul, à | d'ajouter: “Combien plus rapi- 
la Rivière-la-Paix, la culture des | dement notre culture française 
plantes fourragères est la base [et catholique auralt une réper- 
d'une saine exploitation agrico- | FUSSION favorable d'un bout à 
le. Même durant des dernières [l’autre de notre cher Canada”. 
années, Ce Que nous croyons ne Pour plus amples renseigne- 
| pas être normal cependant, Ja | ments adressez-vous à: 


| Le district Saini-Paul-Bonny- 
ville, situé à environ 150 milles 
au nord-est de la capilale alber- 
taine, comme celui d'Edmonton 
‘ina jamais connu de manque 
#| complet de récolte. On a toujours 
récolté assez de grains et four- 
rages pour pourvoir à l'alimen- 
Re des animaux de la ferme. 
Nous devons mentionner que les 
lindustries porcine el laitière 
sont à l'honneur dans cetie ré- 
gion. Pour ne donner que quel- 
ques chiffres, au delà 4c 140.000 
pores et 1,500,000 livres de beur- 
re furent expédiés du district 
Saint-Paul-Bonnyville en 1945. 


SERRE 


Région No 3 


A 


production de graines de légu- “Comité d'Etablissement rural”, 
mineuses telles que luzerne, trè- La Survivance?”, 
fle alsike et trèfle rouge, a été Edmonton —— Alberta. 
une source de revenus exiraor- | 20 à @n———— 
dinaires dans toutes les régions {7 : , 
mentionnées ci-haut, La terre et l'Eglise 
La situation est même alar- Le 
mante pour d'avenir de notre Comme base de leur établisse-. 
|| agriculture, Nos gens se sont dé-| ment, nos ancèlres “ont choisi! 
sintétessés de l’industrie afiima-|]a terre qu’ils ont défrichée et} 
le à tel point que plusicurs culli- transformée en champs fertiles. | 
vateurs achètent le lait condensé. Comme cadre social. ils ont vou. 
Pourtant la raison que l’on invo- | Ju la paroisse dont l'église est le 
quait dans le passé pour ne pas | centre. le foyer national autant 
garder d'animaux n'exisle plus | que religieux. On 
:|| puisque les derniers agronomes pourquoi les familles qui vi-! 
:] Hébert et Gareau ont fait creuser | vaient à l'ombre du clocher pa-! 
des réservoirs à eau (Dugout) | roissial, unissaient en leur cs-: 
sur au moins 90% des fermes ! prit et: leur cocur. la terre. qui; 
où à y avait pénurie d’eau. {leur donnait 1e pain matériel el 
Nous conseillerions done ‘for- | l’Eglise qui leur dispensait la! 
tement à tout colon s’établissant nourriture spirituelle”, : 


comprend | 


Avec les hommages de 


LA PAROISSE DE STE-LINA | 


M. l'abbé DELISLE, curé … 


Los hommages de la PASES 


ST-JOSEPH DE 
FORT KENT 


M. l'abbé CONNOIR, curé : 


CARTE DES DIFFERENTS SOLS DE L'ALBERTA 


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CARTE DE L'ALBERTA te Ÿ zone à À 
montrant les zones princi- È | 
pales de nos différents sols. Ca : SSARO | 
Le arooxs PT d | 
| SLOMOND "À 
: Re Régions considérées im- MEDICINE Gr 
propres à l’agriculture, rage : i 
eng MCE . L | 
€ 
ARDSTON Le | 2: 
Climat Production 
Zone 1 — Sols bruns : Semi aride Végétation limités . 
Zone 2 — Sols bruns foncés Seini arirle Blé 


Zone 3— Sois noirs 


Ù Précipitalion 14 à 17° 
Zone 4 — Sols gris, 


Précipitation 10 à 20” 


Culture mixte 
Culture mixte 


NOS MEILLEURS VOEUX DE SUCCES 
À NOTRE KIOSQUE AGRICOLE ALBERTAIN 
A L'EXPOSITION DE QUEBEC 


T.-J. LAFLECHE 


TAILLEUR 


n 


10453, AVENUE JASPER 


EDMONTON, Alta. 


MORINVILLE 


_ | 
DE | 
ALBERT A | 


ENVOIE DES SALUTS FRATERNELS ; 


A TOUS LES AMIS QUEBECOIS | 


ARR A FaRE Te Lure 


Re eme en RS den nee entier er eiu ue a a dote 


RTE 


de “homestead lease”. 


LA PAROKSSE DE ST-EDOUARD 


offre ses meilleurs souhaits. 


M. l'abbé L. THIBAULT, curé. RP nue dont 


casser. 


Terrain qui n'a pas été cultivé 
(unimproved) 
2.—(a) Peut obtenir un bail 


tout civil qui ne possède pas 
une ferme, ayant atteint l’âge de 


18 ans, qui est citoyen cana- 
dien ou britannique, ou qui 
n'étant pas citoyen canadien, 


veut le devenir. Le bail accorde- 
rait un terrain de pas plus 
d’une demi-section. Si le mari el 
sa femme prennent un terrain, 
ils n'auront pas droit ensemble à 
plus d’une demi-section. . 

(b) Peuvent également obtenir 
ce haïl les vétérans, âgés de 18 
ans qui sont citoyens canadiens 
ou britanniques ou veulent le de- 
venir. 

8.—(a) En faisant demande 
d'un bail, on doit donner une 
somme de 85.00. Cependant, les 
vétérans en sont dispensés. 

(b) Après que la demande du 
bail est faite, le terrain sera ré- 
servé pour le demandeur, en 
attendant qu’un agent du gouver- 
nement certifie que le terrain est 
propre à l’agriculture. 

4.—(a) Celui qui demande ce 
bail, doit également faire une 
déclaration des améliorations et 
de leur valeur, qw’il pourrait y 
avoir, sur le terrain qu il a en 
vue, et payer les améliorations. 

6.—Le bail sera fait pour 20 


» 


‘Avec les hommages de la 


PAROISSE DE 
L'IMMACULEE- 
CONCEPTION 


M. l'abbé R. KETCHEN, curé 


Collège St-Jean 


EDMONTON, Alberta 


e 
Sous la direction des RR. PP. Oblais 


| 
e 
Le collège Saint-Jean prépare à tous les états de vie : 
: carrières laïques, sacerdoce, vie religieuse 
e@ 
Un collège au service des jeunes Franco-Albertains 
s f 
V. GAUDET, O.M.Il. 
recteur 


Chaleureux saluts à tous nos amis LÉ 


PAROISSE ST-ALBERT 


Rév. Père Gérard ' LABONTE, O.M.L., curé 


ses années, remplissent donc cette condition. 
La restriction ne s'applique cependant pas aux vétérans 


Voici les principaux règlements à conna 
numéros sont ceux du texte officiel. 


Reed Ru en ee AA NS Sn qe eme ar 


ans et renouvelable pour 209 au- 
tres années pourvu que le de- 
mandeur ait rempli les condi- 
tions pendant la première pé- 
riode. 

7.—(a) On ne païiera aucun 
loyer pour la terre cultivée après 
que le bail aura .été accordé, 
durant les 3 premières années du 
baïl, et les années suivantes on 
donnera comme prix de location 
4% de la récolte. Cependant, si le 
demandeur cultive plus de ter- 
rain qu’il n’est exige par la Sec- 
tion 23 de cet Acte, il ne payera 
que le % de sa récolte sur la par- 
tie qu’il était obligé de cultiver. 

(c) S'il arrivait que le revenu 
de la récolte n’égalait pas le coût 
de production, fe demandeur 
n'aura rien à payer cette année- 
là. Toutefois, si la récolte de blé, 
d'avoine ou d'orge donnait une 
moyenne de 5 minots à l’acre, on 
ne peut pas considérer la récol- 
te comme'manquée et il faudra 
en payer le 18. 

8.—Lorsque je locataire à bail 
pourra prouver au Ministre qu’il 
a rempli les exigences du bail 
pendant 5 ans de rétolte, il 
pourra faire une demande d’ob- 
tenir possession de la terre aux 
conditions suivantes: 

(a) Lorsque le baïl est pour 
%4 section ou moins, il payera 
une somme de $100. 

(b) Si le bail est pour plus 
d’un % section, il payera S$100 
pour le premier quart et 951.25 
pour tous les autres acres. 

19-—(a) Un locataire qui aura 
loué un terrain pendant 2 ans, 
pourra avec l’autorisation du Mi- 
nistre transférer ses intérêts au 
bail à une autre personne qui a 
le droit d'obtenir un baïl et cette 
dernière jouira des avantages du 
premier locataire. 

20.—(a) Le locataire doit pren- 
dre possession de son terrain et 
commencer à y résider dans les 
6 mois après la date du bail. Ce- 
pendant, on n’exigera pas qu’il 
s’y établisse durant les mois de 
novembre, décembre, janvier, fé- 
vrier et mars. Il devra résider 
sur son terrain au moins 6 mois 


par année. 


(b) Si le locataire possédait 
une ferme d’au moins 80 acres à 
moins de 3 milles de son terrain, 
il ne sera pas obligé de résider 
sur le terrain du baïl, mais pour- 
ra résider sur son ‘autre ferme. 


Nos meilleurs voeux 


Règlements concernant les baux de 
terres agricoles en Alberta 


Par un Ordre en Conseil du 26 avril 1948, le gouvernement albertain a modifié les règle- 
ments relatifs au bail des terrains agricoles dans la province. 


© Le bäil est. désigné sous le nom 


Pour obtenir un terrain en baïl en vue d'en devenir le propriétaire, le. gouvernement exige 
une résidence préalable de 2 ans en Alberta. Vos compatriotes qui y habitent depuis de nombreu- 
Vous pourriez utilement les consulter à ce sujet. 
inscrits à la: loi fédérale, “Veteran Land 


Les terrains qu'on peut oblenir en bail sont de trois espèces : - 

1.—Unimproved, c'est-à-dire ceux dont aucune partie n'a été ouverte ou cultivée. . 
2.—Improved, ceux dont une partie du moins est en culture. | : + 
3.—Clearing and breaking projects, les terrains que le gouvérnement fait défricher et 


itre pour ceux qui voudraient obtenir un bail. Les 


21.—Le locataire doit se cons- 
truire sur son terrain une rési- 
dence ‘ayant une- valeur d’au 
moins $200. Et ceci en dedans de 
5 ans après la date du bail. 
..28.—{(a) Le locataire qui aura 
un bail pour 4 section devra cas- 
ser et ensémencer: 
cassés 
La 1ère année 5 acres 


semés 
nil 


La 2e année .. 5acres S5acres 
La 3e année .. 19 acres 10 acres 
La 4e année .. 10 acres 20 acres 
La 5e année .. 10 acres 30 acres 
La Ge année ., 15 acres 30 acres 
La 7e année .. 15 acres 30 acres 
La 8e année .. 15 acres 45 acres 
La 9e année 20 acres 60 acres 


Chaque année suivante et aussi 
longtemps que durera le bail: 80 
acres ensemencés. 

(c) Si le locataire avait un 
bail pour plus d’un quart de 
section, il devra casser et ense- 
mencer une proportion.relative- 
ment plus grande selon la quan- 
tité de son terrain, 

30.—Le locataire pourra uti- 
liser pour son chauffage et pour 
ses constructions le bois qui se 
rouve sur sa propriété sans avoir 
à payer de permis. 

31.—-Le locataire n’aura pas le 
droit de prendre possession ou 
de cultiver sa terre avant qu’il 
n'ait êté averti par, le Départe- 
ment que son bail est accepté. 


Terrain dont une partie était 
cultivée (improved) 


Tous les mêmes règlements 
s'appliquent sauf le numéro “7” 
auquel est substitué ce qui suit: 

7A.—Le loyer exigé (1) pen- 
dant les premières sept années de 
récolte sera: : 

(a) % de toutes les récoltes 
sur les terres qui étaient déjà 
en culture au commencement du 
bail. Si après la 5e ou 6e récolte, 
le locataire veut acquérir le ter- 
rain, il payera une somme dé- 
terminée par le Ministre. 

(b) % de la récolte produite 
sur les terrains qui auront été 
mis en culture après le commen- 
cement du bail. Cependant, il ne 
payera rien pendant les 8 pre- 
mières années de récolte. 

(2) À partir de la 8e récolte, 
il donnera 4 de toutes ses récol- 
tes sur tout le terrain. 

(ce) Si le locataire mettait en 


Lt at dent HE M M Par M -eE 
QUE CON AE LIRE NE DE LAN CO BR 
COL CC OS TE CR CO LOT CET COS EC CERRE 


de succès au kiosque 


agricole à l'exposition de Québec. 


LA PAROISSE DE 
ST-VINCENT, 
ALBERTA 


Rév. Père CHALIFOUX, C.SS.P. : 


+ 


REP LU TNLGE HER AGE 
en He UN SU RE be Mo 1e 
DAECAE RCE IEP DO SALE PEN CRC PESE ERREURS 


4 


| LA PAROISSE DE 


PICARDVILLE, 


 ALBERTA | 


. Nos plus sincères “élicitations à 
. Radio-Edmonton, poste CHFA 


M. l'abbé R.-A. 


SR ea see ee DIRE REEER ONE SES 


Ne 


BARBEAU, curé 


4 


culture plus d’acres que n’exige 
Ja Section 2e, il ne payera cCe- 


sur Je nombre d’acres qu'il est 
obligé de cultiver chaque année, 


Terrain ouvert ou cassé 
(Clearing and breaking 
projects) . 


Les mêmes règlements que 
pour le terrain non cultivé excep- 
té ce qui suit: ! 

3.—(f) On accordera une pré- 
férence aux vétérans en dispo- 
sant des terres. 

7(A) Au lieu de la Section 7, 
on substituera 7(A). Le locatai- 
re pour les sept premières récol- 
tes après que Je bail aura été ac- 
cordé, payera: 

(1) (a) 4 de toutes les récol- 
tes produites. Cependant, après 
la cinquième ou la sixième récol- 
te, il pourra demander d’acqué- 
rir le terrain à son nom en 
payant une somme déterminée 
par le Ministre pour la part des 
récoltes qui n’aura pas été payée. 

(b) Il donnera % de la récol- 
te des terrains qui n'auraient pas 
êté en culture au début du bail. 
Toutefois, il ne payera rien pen- 
dant les trois premières récoltes. 

{2} A partir de la 3e récolte, 
il ne donnera plus qu’un 4 de 
toutes les récoltes produites. 

(C) Si le locataire cultivait 
plus que ce qui est exigé par la 
Section 23 de terrain qui n’était 
pas en culture au début du bail. 
il ne donnera cependant qu'un 
14 de la récolte sur le nombre 
d’acres exigées par le Départe- 
ment, 

(D) Si le coût de production 
était supérieur au revenu de la 
récolte pendant l’une ou lautre 
année, Je locataire n’aura rien 
à donner ,cette année-là. Cepen- 
dant encore ici, si la récolte pro- 
duisait une moyenne de 5 mi- 
nots à l’acre, on estime qu’il de- 
vra payer son loyer. 


POSSIBILITES 
D'ÉTABLISSEMENT 
RURAL EN ALBERTA 


(Suite de la 1ère page) 


et monétaire suffisant pour ac- 
quérir de grandes étendues de 
terre chez nous où père et fils 
pourraient travailler ensemble et 
agrandir leur domaine à mesure 
qu’un enfant serait prêt à fon- 
der un foyer. C’est là l’établisse- 
ment rural que nous ambition- 
nons chez nous. Plusieurs de nos 
paroisses souffrent de la déser- 
jHion du sol. La soif de l’argent 
ft des loisirs fait ses ravages chez 
nous comme ailleurs. Notre mo- 
noculture a contribué à déraci- 
ner nos jeunes de la ferme. L’oi- 
siveté des mois d’hiver a chassé 
notre belle jeunesse agricole vers 
les villes, les chantiers ou le ca- 
mionnage, et les vieux parents, 


devenus incapables de suffir à la | 


tâche de cultiver seuls, se voient 
dans l’obligation de vendre et 
trop souvent à des étrangers. 

Il nous faut donc des bras 
forts, des coeurs généreux, des 
âmes d’apôtre pour. remplir les 
cadres de nos paroisses et les 
étendre jusqu’à en créer de nou- 
velles. : 

Il existe des: sectes religieuses 
qui aujourd’hui achètent des mil- 
liers d’acres de terre pour créer 
une nouvelle colonie. Nos lois 
provinciales ne leur défendent 
pas pareille expansion. Et nous, 
que faisons-nous? Le temps est 
venu de faire un sérieux examen 
de conscience, de regretter nos 
fautes passées, mais surtout de 
prendre des résolutions pour 
l'avenir. Il est du devoir du Co- 
mité d’établissement national 
d’arriver à l’action. Toutes nos 
têtes dirigeantes, tant religieu- 
ses que laïques, devraient travail- 
ler ensemble sur un plan d’ac- 
tion bien déterminé. Laissons les 
excuses de côté. La distance? il 
n'y en a plus aujourd’hui. Le 
manque d'esprit de sacrifice de 
nos gens? n’insultons pas nos fa- 
milles nombreuses encore débor- 
dantes de bonne volonté. L’insuf- 
fisance de capital? il y a des 
millions de dollars qui peuvent 
être mis à la disposition d’asso- 
ciations qui sauront présenter un 
programme concret et pratique. 
La cause en vaut la peine. 


mes chez nous au Canada, d’un 
océan à l’autre. Ne poussons pas 
notre générosité jusqu’à laisser 
les immigrés, les étrangers pren- 
dre possession du plus précieux 
de nos capitaux: notre terre ca- 
nadienne. Nos fils auraïent droit 
de nous reprocher notre indiffé- 
rence plus tard. Notre Saint-Père 
lePape nous demande de lac- 
tion catholique. Pour nous, Ca- 
nadiens français, il n’y en a pas 
de plus belle que la conquête du 
sol pour Dieu et la Patrie. 
J.-M. FONTAINE, 
agronome. 


RETENU 


pendant la huitième partie que| 


meme | 
EE mm 


L'Association Coopérative 


N'oublions pas que nous som- | 


semememenennnemen 
Sn hitenres 


Avec les hommages 
de la paroisse 


SAINT-PAUL, 


SR ee NU oO tin de te pee 


septem bre, 194% 


. Hommages de 


* ANDRE-M. DECHENE, LL. B. 
AVOCAT —— NOTAIRE 
Duncan, Johnson, Miskew, Déchène et Bishop 
Tél, 21151 201 - 14 Bank of Nova Scotia Bldg, 
| EDMONTON, Alta. 


nt en DR em LES sb 


CANAD'IENS' 


L'ABSTINENCE EST PAIN DE SURVIVANCE 


générale de Girouxville, 
_ Alberta 


a atteint, en 1947, le chiffre de vente de 
$87,407.38. La caisse populaire, de son côté, 
a prêté $16,555.00 aux paroissiens durant la 
même année. 


Vous avez !à Ia preuve, frères du Québec, 
que si le blé, le trèfle et la luzerne viennent 
en abondanée sur le sol de la Rivière-la-Paix, 
la coopération y fleurit aussi. 


& 


BIENVENUE A CEUX QUI VEULENT 
ETABLIR LEURS FILS CHEZ NOUS! 


Les Coopératives 
de Girouxville 


CS 


PPT ed Die Leeds nulle les vero ir à " 
RE RE AR AN PAT AR ACER AO ARC PRE PE NB RE ANNE EN ENT 
DEEE CSC PRE ER CARE CEE OCR CE 


gen ame mm 
nn 


+ 
. 


nu 
Demo nten sine ne he on 


CS EE ET RE SENS TES 


LA PAROISSE 


jme de notre survivance 
catholique et nationale 


-e. Mgr Routhier, OM. 
or roissiens de Donnelly 
aient le 25e anniversaire 
ur paroisse, Mat 1948. 
Bessons donc l'éloge des 

mes illustres tt des pères de 
re race” (Ecclésiastique, XL 


1). : 
hers frères, ; 
D raviver la foi des Juifs 
usés parmi les Gentils, l'au- 
le l'Écclésiastique crut bon! 
teur rappeler les hauts faits; 
kurs ancêtres et les merveil- 
du Seigneur à leur endroit. 
M exemples de leurs ancêtres, 
venir de l'aide constante 
eur avait accordée Jého- 
L conservèrent leur foi en. 
ietlour fidélité à leur . 


M vie est un don de Dieu, et 
Éjenitude des années est une 
Mrestation de sa surabondan- 
Miséricorde. C'est particulié- 
Rent vrai de nos paroisses Ca- 
biques dont l'existence n'a 
tre raison d’être que la glo- 
ion de Dieu. la sanctifica- 
M ocile salut des âmes, et qui, 
ce faisant. contribuent plus 
Ljout autre organisme social 
Ébonheur terrestre de l’hom- 


LEgiise, pour qui en étudic 
Loire de près, cest une mer- 
Buse création de la miséri- 
e divine, Si dans sa compo- 
Mn humaine. cile se ressent 
D inblesses et des fautes des 
bmes, et si à certaines pério- 
Mis nuages en éclipsent l’é- 
Bon ne peut s'empêcher de 
tir ce courant d'action di- 
qui la préserve, la dévelop- 
[lui permet de poursuivre 
wers les siècles son oeuvre 
Manctification sur une multi- 
L d'âmes qu'elle conduit au 
4 
Ri: paroisse chez nous 


Biistoire religieuse et natio- 
de notre peuple français en 
Brique, comme celle du peu- 
Bjuif que je rappelais, est ri- 
Mn exploits merveilleux ct 
Montre abondamment l’assis- 
M d'une généreuse Providen- 
notre égard. Sans que nous 
Mons les promesses d’indéfec- 
Aile, notre histoire peut tout 
ième à certaines heures ra- 
Rr notre courage à la pen- 
Moue les dons de Dieu sont 
B repentance, et qu'il saura 
Étendre la main aussi long- 
ds que nous lui conserverons 
L fidélité religieuse. 
M quand je pense à cette fidé- 
lreligieuse des nôtres, gage 
randeur pour toutes les na- 
D ct tous les peuples, mon re- 
D se tourne à cette organisa- 
Maui plus que toute autre cau- 
M contribué à nous conserver 


Un point 


ORESSEZ-VOUS 


L'IHPRI 


IÉRIE PC 


LIMITEE 


{ 


catholiques et français: Ja pa- 
roisse, avec tout ce qui lui cest 
annexé: couvent, école parois- 
siale, cercles d'études, associa- 
tions pieuses, formant un noyau 
social d’une force puissante aus- 
si longtemps que la vie y est 
intense. ‘ 


La paroisse est une gardienne: 
gardienne de notre foi, gardien. 
ne de tant d'autres choses aux- 
quelles nous tenons, Nos compa- 
triotes des Etats-Unis. de l'Aca- 
die et de tout l'Ouest canadien 
l’attestent avec éclat. Dans leur 
ensemble, ils survivent ou non 
selon qu'ils tiennent ou non à la 
vie groupée, ainsi que l'ont fail 


S. Exc. Mgr ROUTHIER, O.M.I. 


les anciens à Québec après 1760, 
alors que les vainqueurs étaient 
décidés de nous posséder corps 
et âme. Une seule institution 
nous restait: la paroisse. Elle 
sauva tout. Aussi longtemps que 
nous aurons des paroisses vigou- 
reuses, unies sous la houlette de 
curés vigilants et actifs, compre- 
nant à fond l'esprit de nos gens 
et sympathiques à leurs besoins, 
nous n'avons rien à craindre. Le 
jour où les forces s’effritent dans 
la désunion, où la voix du pas- 
teur ne pénètre plus jusqu’au 
coeur de son troupeau, c'est le 
désert qui s'annonce dans une 
terre qui aurait pu être fertile 
en vertus religieuses, productive 
de biens naturels et surnaturels. 


La solidité, l'accroissement et 
la multiplication par la parois- 
se sont normalement la mesure ct | 
la condition de notre salut pour 
le ciel et sur la terre, devant 


Dieu et devant l'histoire. Mgr 


impoitant | 


Une maison d'affaires, un 
homme de profession, une 
association s'annoncent 
par la qualilé des impri- 
més qu'ils emploient. Pour 
avoir des imprimés de 
qualité, ayez recours aux 
services d’un imprimeur 
d'expérience. 


EDITRICE DU JOURNAL 
“LE DEVOIR” 


M0 EST, RUE NOTRE-DAME 


O N T RE A 


RAYMOND DUPUIS. président.  A:J. DUGAL, v.-p. et qér. qën. 


DEP ETES EEE LES 


L BE 3361* 


Landricux, évêque de Dijon en 

rance, nous rapptlle dans une 
Pastorale de 1922, que Benoît 
XV avait dit avoir toujours eu 
cette préoccupation de la pa- 
roisse et dans une lettre de 1917 
Jui écrivait: “Cette question de 
la paroisse est de première im- 
Poriunce, Après tant et de si la- 
mentables bouleversements, il 
n'y a qu'une voix de prospérité 
pour l’Église de France, c’est de 
revenir au point d'où l’on est 
parti, pour rendre aux paroisses 
leur constitution normale, leur 
force première et leur organisa- 
tion d'autrefois”. 


Lorsque Mgr Landrieux visi- 
tait le Canada en 1921 avec la 
Mission Fayolle, il constata 
l'existence de cette paroisse mo- 
dèle sur les”rives du Saint-Lau- 
rent el pul écrire à ses fidèles: 
‘La communauté paroissiale, là- 
bas, ce n’est pas un mot, une ma- 
niére de dire, c'est une réalité de 
premier plan qui englobe tout: 
c'est l’armatüre de la société ca- 
nadienne, surtout dans les cam- 
pagnes, elle lui donne son nom: 
on ne dit pas la commune, on dit 
la paroisse, parce que c'est la 
paroïsse qui a fait le village, qui 
donne sa cohésion à la commu- 
ne et qui en est l’âme, Sans elle, 


rien ne réussit; avec elle tout 
marche.” 


Esprit de la paroisse 


Oui, avec la paroisse tout 
marche... à la condition qu'il y 
existe un véritable esprit parois- 
sial, esprit d’une communauté, 
consislant, non en une série de 
personnes baptisées, indifféren- 
tes les unes aux autres, mais rat- 
tachées par une commune chari- 
té agissante, sous la houlette 
d'un pasteur dont la voix est 
écoutée comme celle de Dieu, 
réalisant ainsi les paroles de l'E- 
criturc: “Plusieurs membres en 
un seul corps, dans le Christ, 
nous sommes membres chacun 
les uns des autres” (Rom. XII, 
5). “Celui qui vous écoute, m'’é- 
coute; celui qui vous méprise, 
me méprise”, C'est ce commun 
amour, écoutant la voix du Pas- 
teur qui répète l’infaillible en- 
scignement de l'Eglise dont il 
n'est que le serviteur, qui cons- 
titue le caractère d’une parois- 
se. Ne sont pas de vrais parois- 
siens, ceux qui ne collaborent 
pas à son oeuvre, même s'ils 
cherchent à se sanctifier indivi- 
duellement. Le bien commun 
doit primer le bien individuel, et 
si individuellement nous devions 
souffrir et même nous amoindrir 
pour servir le progrès de la col- 
lectivité, il n’est point douteux 
qu'il faudrait s'imposer ces pri- 
vations et ces souffrances. Loin 
donc de l'esprit du paroissien 
que les mesquines excuses qui 
voudraient soustraire l'individu 
à ce qui importe au bien com- 
mun: nous Savons trop dans Ja 
sphère purement temporelle à 
quel lamentable désarroi nous a 
conduits l’individualisme écono- 
mique et gouvernemental, et si 
la guerre avait produit la con- 
viction du besoin de collabora- 
tion, elle n’aurait pas été entiè- 
rement inutile. Un sentimenta- 
lisme maladif et étroit a impré- 
gné la société, désorienté les es- 
prits et la volonté du commun 
effort qui aurait produit une 
mesure de bien-être social et mé- 
me financier autrement plus 
abondant, Rien plus que la con- 
servation ou la création de l’es- 
prit paroissial ne disposera les 
esprits et les coeurs à cet ordre 
nouveau qui Se prêche et s’impo- 
se si la société nationale et même 
humaine ne doit s’écrouler. 


L'église paroissiale est la mai- 
son de Dieu pour les enfants de 
Dieu. Enfants de Dieu, régénérés 
par le saint baptême, frères de 
Jésus-Christ par la nature divi- 
ne qu'est la grâce sanctifiante, 
nous le restons par la réception 
des sacrements qui donnent ou 
accroissent cette grâce sancti- 
fiante. Nous devenons sembla- 
bles au Christ par ses sacre- 


ments et par son sacrifice auquel 
notre vie et nos sentiments doi- 
vent participer. Pas de vie chré- 
tienne, pas de vrais paroissiens 
sans les sacrements et sans cette 
union vitale et active au sacrifi- 
ce de la messe. 


Son Excellence Mgr U. LANGLOIS, O.MI., vicaire apostolique 
de Grouard. 


L'Action catholique dans 
la paroisse 


Mais encore une fois, la parois- 
se n'est pas une agglomération 
de personnes même baptisces, 
sans liens les uns avec les autres. 
Nous sommes les 


mort ou seulement malade, les 
autres n’en souffriront-ils pas? 
Ne s’ingénicront-ils pas à le ra- 
nimer si possible” 

D'où le besoin de communi- 
quer cette vice divine dont nous 
avons été abreuvés, d’en intensi- 
fier les effets ensemble, et qu'est- 
ce ceci, sinon ce qui a élé tant 
préché, tellement proposé par 
les derniers papes: L’Action ca- 
tholique? Tout comme je ne sau- 
rais concevoir, de nos jours sur- 
tout, et dans les milieux cexpo- 
sés, un curé qui ne ferait pas 
d'action catholique, étant donné 
l'extrême insistance des Souve- 
rains Pontifes, je ne saurais 
comprendre qu'une paroisse fût 
vivante ou une école chrétienne, 
sans l'effort groupé de faire con- 
naître le Christ dans son milfeu, 
de le faire aimer par ceux qui 
en ont acquis la connaissance. 
C'est bien ce que disait Pie XI 
alors qu’il exposait l’élémentai- 
re principe que la vie se mani- 
feste par l’action, et la vie ca- 
tholique par l'Action catholique. 
I n’y a plus de vie quand on a 
cessé d’agir, ou du moins c'est 
une mort apparente qui ne tar- 
dera à devenir réelle. 

Et cette action sur ses sembla- 
bles ne prend-elle pas son origi- 
ne dans cette cellule qu'est la 
famille où un père et une mère, 
vivant en état de grâce — autre- 
ment ils sont spirituellement 
morts —— engendrent moins des 
corps à la vie que des âmes au 
ciel, prenant sur eux-mêmes Îles 
prémices des responsabilités d’u- 
ne éducation chrétienne, sans re- 
jeter sur les écoles la charge 
totale de cette éducation, Grand 
besoin donc de familles profon- 
dément chrétiennes, de pères et 
de mères dont l’ambition est cé- 
leste plus que terrestre, si nous 
voulons que les jeunes grandis- 
sent fortement convaincus et 
énergiquement volontaires. Si 
toutes les familles avaient assez 
d'intelligence pour le compren- 
dre, elles s’épargneraient des 
larmes et des regrets amers. 


Vocations sacerdotales 
et religieuses 


Mais on ne saurait concevoir 
d'une paroisse vraiment vivante, 
sans la préoccupation, de trou- 
ver au pasteur qui Ja dirige, 
d’autres successeurs et d’autres 
prêtres. On ne concevrait pas sa 
ferveur sans penser que les re- 
ligieuses qui ont formé l’enfan- 
ce et sont les priañtes par excel- 
lence de l'Eglise, trouvent d’au- 
tres coeurs généreux qui se COn- 
sacrent au service des âmes, aux 
oeuvres d’apostolat, à l’union ex- 
clusive à Jésus-Christ en vie re- 
ligieuse. Preuve de vitalité dé- 
bordante que ces nombreuses ct 
généreuses vocations, où jeunes 
gens et jeunes filles, à l’âge où 
le monde leur sourit et les attire, 
savent y renoncer’ pour un 
époux divin, crucifié sur une 
croix. 


La paroisse de Donnelily 


Mes bien chers paroïissiens de 
Donnellv, j'ai voulu vous présen- 
ter le modèle de la paroisse. Il 
me semble répondre à la réalité 


a 


>s membres les 
uns des autres, Si un membre 


Les Rocheuses canadiennes offrent aux peintres une var 
de renom et des amateurs passent plusieurs jours à peindre 


chez vous, si l’on veut pour le 
moment jeler le voile sur les iné- 
vitables faiblesses humaines. Le 


quart de siéele de vie paroissia- | 


le de votre paroisse du Sacré- 
Coeur en a stabilisé les grandes 
lignes. En célébrant aujourd’hui 
ce jubilé d'argent, nous voulons 
nous pencher un instant sur un 
berceau, et voir se développer 
cette enfant dans les cours des 
années, Sans doute les pionniers 
des toutes prenfières années 
pourraient-ils évoquer plus élo- 
quemment Îies souvenirs dont si 


peu ont été écrits, et nous rap-; 


peler larrivée des colons par 
lacs et forêts ot marais, le défri- 
chement des terres vicrges, la 
construction des habitations en 
Jogs, l'isolement ct l'ennui, l'é- 
loignement du chemin de fer, la 
rareté de l'argent, l'abondance 
des maringouins, On conçoit 
que maintes fois ils ont dû avoir 
le cocur serré et les larmes ont 
coulé, Peut-être certains parmi 
vous les anciens avez-vous eu le 


désir de retourner vers le pays: 


des ancêtres. Et cependant vous 
avez tenu grâce à un courage in- 
domptable, et c'est votre gloire. 
Jamaïs On ne pourra assez glori- 
fier ces pionniers qui ont ouvert 
le pays à la colonisation et à la 
civilisation chrétienne. L'Eglise 
et la Patrie les saluent avec res- 
pect, et tous nous les remercions 
d’avoir eu le courage de persé- 
vérer. Leur travail et leurs pei- 
nes n’ont pas été en vain. Après 
avoir semé dans les larmes, ils 
ont récolté dans la joie. Leurs 
fils et leurs filles se lèvent au- 
jourd’hui pour les honorer et 
leur promettre de marcher sur 
leurs traces et poursuivre leur 
oeuvre. 

On voudrait nommer toutes 
ces familles pionnières, ces pè- 
res et mères courageux et persé- 
vérants, dont la postérité s’est 
multipliée en témoignage de 
leur vigueur et dont les enfants 
seront dignes de leurs parents. 
On voudrait revoir au milieu de 
nous ceux que la mort a fauchés 
et fait entrer dans la vraie vie 
d’où ils jettent sur nous un re- 
gard. On aimerait voir repasser 
sur un écran la physionomie des 
prêtres qui vous ont conduits, 
les nombreuses religieuses qui se 
sont dépensées depuis vingt ans 
à l'éducation de votre jeunesse 
avec une intelligence et une géné- 
rosité peu ordinaires, Tous ont 
passé en faisant le bien, et en 
fortifiant la Patrie par le fruit 
de leurs labeurs. Saluons-les avec 
respect et reconnaissance. D’ail- 
leurs les deux prêtres sortis des 
rangs de votre généreuse jeunes- 
se, et la dizaine de vos jeunes 
filles religieuses ont été le té- 
moignage de votre appréciation. 
Ceux-ci et celles-ci ne sont d’ail- 
leurs que les prémices d’un nom- 
bre. beaucoup plus grand de 
ceux qui comprendront la meil- 
leure part et le don total au ser- 
vice divin. Puissiez-vous tous 
leur accorder votre encourage- 
ment et votre assentiment. 


Vous avez compris que l’oeu- 
vre d'éducation primait toute au- 
tre oeuvre. Vous avez payé géné- 
reusement pour y voir: le pré- 
sent et l’avenir confirment et 
confirmeront la sagesse de votre 
décision. Votre pensionnat a por- 
té ses fruits, même si votre égli- 
se a dû rester humble. L'avenir 
vous donnera un temple digne 
de vos ambitions, pendant que 
la présente église rafraichie et 
ensoleillée, continuera d’être le 
centre de volre vie de travail et 
de prière. 


les 


Es et plus résistantes que 
| 


La situation religieuse 


des nôtres 


en Alberta 


Partout où ils sont groupés en paroisses, les nôtres 


conservent bien vivan 


te leur foi catholique 


bec. la } [ 
deur plus lumineuse et que l'es- 
prit français y a des racinés plus 


dans les provinces en majorité 
anglo-protestante. : 


A cause de ce rayonnement 
particulier du catholicisme dans 
le Québec, on y rencontre une 
harmonie plus grande et plus 
cordiale entre les citoyens de di- 
verses origines raciales et un 
souci de justice dans le domaine 
religieux et scolaire qui ne se 

manifestent pas au même degré 
en dehors du Québec. 

N'était-ce pas d'ailleurs Ja 
constatalion de tout l'Episcopat 
leanadien dans sa déclaration 

mémorable de janvier 1945: 
“Nous tenons à proclamer bien 
haut que la législation scolaire 
| de la plupart des provinces Nous 
semble appeler de profonds re- 
ldressements, à l'endroit de l'élé- 
ment catholique et de lPélément 
français, si l’on veut qu'elle re- 
flète vraiment l'esprit d'entente 
cordiale qui a présidé à l'esprit 
de la constitution canadienne. 
Aussi longtemps, en cffet, 
durcront les inégalités flagrantes 
qui subsistent, sur ce terrain, en- 
tre le traitement qu'accorde la 
province de Québec à ses mino- 
rités religieuses ét cthniques, 
d'une part, et celui que leur im- 
posent les autres provinces, d'au- 
tre part, il Nous parait vain de 
parler d'égalité d'avantages et 
d'égalité de sacrifices, vain aus- 
si d'espérer voir régner chez 
nous celte confiance mutuelle 
indispensable à la paix et à la 
prospérité publiques”. 

Le dernier recensement géné- 
ral du pays donnait à l'Alberta 
une population totale de 796,169 
dont 191,343 catholiques (24%). 
Les catholiques sont répartis en 
groupes de diverses origines Tra- 
ciales: les Ukrainiens sont 39,- 
369 (20,5%), ceux d'origine 
française, 34,764 (182%), Bri- 
tanniques, 33,069 (16.85), Îles 
Polonais, 20,103 (10%), les Alle- 
mands, 14,062 (7.3%), Iles In- 
diens, 8,823 (4.5%), et toutes les 
autres races au nombre de 41,196 
(21.5%). Ce kaléidoscope catho- 
lique et national vous fera soup- 
çconner la complexité des pro- 
blèmes de Tl'apostolat tant au 
point de vue langue que tempé- 
rament, pour la conservation de 
cette pierre inappréciable qu'est 
la foi de nos populations catholi- 
ques: besoin d'un clergé poly- 
glotte et soucieux du salut de 
toutes les âmes, quelles que 
soient leur langue et la couleur 
de leur peau; besoin d'écoles 


dont l'atmosphère chrétienne 
maintiendra et fortifiera la foi, 


sans arracher les racines fami- 
liales et toutes ces attaches qui 
tiennent au sentiment et aux tra- 
ditions ancestrales, tout en adap- 
tant l'enfant au climat nouveau 
dans lequel il devra vivre. Bien 
d'autres problèmes divers et 
multiples se présentent pour so- 
lution dans chaque paroisse. 


Présentement, je ne veux par- 
ler que de nos compatriotes. En 
1941, ils étaient 34,764 catholi- 

ques sur une population d’origi- 

ne française de 42,979, soit unc 
proportion de 81% catholiques. 

Tout en admettant que certains 

Français venus en Alberta 

étaient Huguenots ou apparte- 

naient à d’autres sectes protes- 
tantes, ceux-ci ont été peu nom- 
breux, et probablement que la 
presque totalité des 8,215 non- 
catholiques d’origine française 
ont perdu leur foi à cause des 
mariages mixtes, du manque de 
prêtres et d'écoles catholiques, 

et ont subi l'influence des mi- 

lieux protestants assimilateurs. 


Dans les trois comtés électo- 
raux, 13, 14 et 15 où les nôtres 
sont groupés en paroisses avec 
des prêtres de leur langue, des 
écoles avec leurs religieuses, et 
se sont constitués en villages de 
caractère français, ils sont res- 
tés catholiques dans la propor- 
tion de 95%, alors que dans les 
autres comtés où ils n'ont pu se 
grouper ni avoir leurs paroisses, 
ils ne sont plus que 62% catho- 
liques. Des Canadiens français 
qui viendront en Alberta s’'éta- 
blir au milieu de nos groupe- 
ments français ne sont pas plus 
exposés d'y perdre la foi que 
dans Québec, mais nous ne di- 
rions pas de même de ceux qui * 


UN ENDROIT IDEAL POUR LES PEINTRES 


que | 


variété de décors et tous les ans des artistes 


beautés naturelles du Canada. 
(Photo Pacifique Canadien) 


iront s'enliser dans les centres à 
majorité anglais, 

Le dicton que “la langue est 
gardienne de ja foi”. en parlant 
du français au Canada, est vrai, 
non dans le sens que le français 
a une vertu surnaturelle intrinsè- 
que, mais pour autant qu'il est| 
le véhicule de pensées et de con- 
victions habituellement chrétien- 
nes et Je lien qui tient unis des 
catholiques: dans leurs rélations 
sociales ct intellectuelles. 

C'est bien alors que la conser- 
vation de notre langue me sem- 
ble un devoir non seulement de 
patriotisme, vertu tout de même 
réelle et qui s'apparente à la 
justice, mais d’apostolat chrétien 
pour nous. Beaucoup des nôtres 
ont été perdus à la foi parce 
qu'ils ne l'ont pas assez compris, 
Ce n’est pas d’ailleurs notre apa- 
nage exclusif: il est vrai de tous 
les peuples fonciérement catholi- 
jques qui se distinguent par une 
Jangue à eux. 

n autre regard sur le recen- 
sement de 1941 nous fait savoir 
qu’il y a à parler français en Al- 
berta 29,944 Canadiens français, 
5,196 Belges et d'autres nationa- 
lités de l'Europe continentale et 
5,126 Britanniques, soit en tout 
40,262. 11 v a 69.6 de nos Cana- 
diens français à parler français 
en Alberta. 

Tout comme je suis persuadé 
que nos catholiques ne le reste- 
ront fermement que si on les for- 
me à un apostolat conquérant, 
ainsi nous ne garderons notre 
langue que par la lutte contre les 
obstacles et que nous aurons à 
coeur d'étendre notre patrimoi- 
ne et de garder vives les vertus 
chrétiennes de nos ancêtres, et 
cette formakion de l'âme des 
enfants se fera dans nos inslitu- 
tions d'éducation, 


Nous avons dans la provinec! 


Je collège Saint-Jean d'Edmon- 
ton. en attendant d'avoir notre 
collège classico-agricole de Fal- 
her. Il ÿ a des pensionnats fran- 
çais sous la direction des SS. 
de l’Assomption à Edmonton, St- 
Paul et Bonnyville; sous la direc- 
tion des Filles de Jésus, à Morin- 
ville et au Lac Ja Biche; chez les 
Soeurs Grises de Legal; chez les 
Soeurs de Sainte-Croix à Donnel- 
1x, Falher, Girouxville et ‘Tan- 
gente. D'autres institutions reli- 
gieuses enseignent du français. 
De plus, des centaines de reli- 
gieuses  canadiennes-françaises 
et françaises enseignent dans les 
écoles urbaines et rurales. L’irré- 
parable malheur est que le pro- 
gramme du département d'Edu- 
cation est anglicisateur, même 
s'il nous accorde parcimonieuse- 
ment une heure de français par 
jour et une demi-heure de caté- 
chisme en français. Nous avons 
beau, et surtout nos bonnes mai- 
tresses, nous évertuer à stimuler 
le patriotisme: plusieurs suc4 
combent, Il-ne fait pas de doute 
qu’il nous faudra obtenir davan- 
tage pour la conservation et sur- 
tout l'épanouissement français 
des nôtres. 

Il nous faudra pouvoir comp- 


ter sur une immigration francai- 
se de Québec pour fortifier ef 
étendre nos groupes et former de 
nouvelles paroisses, Nous avons: 
une association française que di- 
rigent des hommes pondérés, te- 
naces et généreux, à qui nous de- 
vons la solidarité qui se mani- 
feste chez les nôtres, et les lentes 
conquêtes scolaires et sociales. 

Nous comptons beaucoup sur 
la radio française pour laquelle 
nous faisons des instances de- 
puis quinze ans et que nous de- 
vons à Pappui unanime et mu- 
gnanime de Québec. La voix 
française des airs accroitra la 
fierté, fournira les mots d'ordre 
et démontrera concrètement les 
beautés de notre culture. 

Son Exc. Mgr ROUTHIER, 

O.M.I., coadjuteur de Grouard. 


4 


Nombreux propriétaires 
de fermes 

D'après le dernier recense- 
ment décennal (1941), il y a'au 
Canada 732,715 fermes, dont 75.1 
p. 100 sont exploitées par le pro- 
priétaire, et 11.6 p. 100 sont ex- 
ploitées par un propriétaire qui 
Joue des narcglles de terrain sup- 
plémentaires. Seulement 12.7 p. 
100 des fermes au Canada sont 
exploitées par des locataires. 

Lea politique touchant les ter- 
res, y compris l'allocation des 
homesteads aux colons de l'Ou- 
est du Canada, a encouragé l'ac- 


:quisition des terres à titre de 


propriétaire, Depuis quelques an- 
nées, il y a une tendance mar- 
quée à l'exploitation des fermes 
à bail dans l'Ouest du Canada. Il 
y a moins de fermes exoloitécs 
par Je propriétaire dans les pro- 
vinces des Prairies que dans les 
autres provinces 


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Photo du haut: l'église el le presbytère de Falher, 


Au milieu. à gauche: les St-Arnaud, originaires des Trois-Rinières. 
sont devenus de gros apieulicurs de Girouxoilles à droile M. 
Charles Dupuis, arrivé à Falher en 191% aver $S10 duns su poche, 
possède aujourd'hui terres el maisons Cvaluées à $83.000. 


En bas: la muisan siluée sur une belle ferme. de Al. 


Lachance. originaire de Sainte-Justine de Dorchester. 


ce _esl MHe Lachance 


un cullivateur de Guy. 


plus jeunes frères. 


Le presbytére el l'église acluelle de Girouroille. 
progrés constants de celle belle paroisse ranadienne-francaise. 
on a du songer à une éalise plus vasle et plus moderne dont la 
commencée. 


construction 


di H TT 


M. Vilandré, des 
Chemins de 
nationaux; M. Be- 
noil Roy, du Pro- 


fer in 


est 


lient 


À cause des 


lFortunal 
M. Lachan- 


ses deux 


Point n’est besoin de séjour- 
ner longtemps dans J'Ouest ca- 
nadien pour se rendre comple 


milles parties du Lac Saint-Jean 


blé du Canada, nous avons élé à 
mème de juger, trop hâtivement 
hélas, de la valeur de ces im- 
menses prairies, 

Nous élions donc chargé, com- 
me nous venons de le dire, d’ac- 
compagner un groupe de famil- 
les originaires du Lac Saint- 
Jean, en lout cinq familles 


nes. Ccs familles avaient laissé 
derrière elles parents et anus 
pour s'engager dans elle gran- 
de aventure, Elles étaient encore 
sous l'emprise de lémolion 
qu’elles avaient ressentie dans a 
rupture des liens avec les lieux 
! qui les avaient vues naitre. 


| un ——— + 


Temps des 


C'est le printemps en Alberta: 
On est rendu au grand branle-bas : 
On voit les habitants qui 

| commencent 
Un peu partout les semences. 


Au travail, les machines 

! s'adonneni; 
Comme des chattes, elles 

| ronronnent. 
Les habitants sèment le grain, 
Espérance du lendemain. 


Les semences ont leurs lecons: 
Elles nous parlent à leur facon : 
“Semez, disent-elles, dans Îa 

| i jeunesse, 
‘Pour récolter dans la vieillesse.” 


Elles répêtent à tout venant : 
‘Si vous semez partout du vent, 
‘Vous récolterez la tempête.” 
(Malheur aux gens qui font les 

T bètes.) 


On ne peut pas s'en échapper : 
‘“‘On récolte ce qu'on a semé”. 
C'est un autre proverbe antique, 


Qui est clair comme du jue de 


! ehique. 


2 


| 
| 
Î 
| 
{ 
| 
| 
| 


| Si vous semez des fourragères, 
'RSCAUAE ASUS des tourquères ? 
| Si vous semez des capucines, 


— 1 Récolterez-vous des ‘‘binnes” ? 


| 
Les semences nous rappellent encorc 
Un mot qui vaut son pesant d’or : 


La terme de M. Donat Gagnon, à 


pour s'établir dans le grenicr du; 


comptant quarante-deux person 


La première élape du vorage 
ne leur parut pas trop longue. 
Rendues à Montréal, elles purent 
facilement s'occuper soit à la vi- 
site de magasins importants, soil 
à l'achat de bagages et de pro- 
: visions indispensables, Une fois 
iuontées à bord du convoi, occu- 
‘pées qu'elles furent de disposer 
leurs effets el de mettre au fit les 
enfants. elles ne mirent que peu 
; de temps à oublier les périnéties 
ide la première élape déjà par- 
{ 
| 


courue, celle qui les avait con 
duites du fac St-Jean à Monl- 
réal. La 2é étape qu'elles envisa- 
geaient maintenant leur en sem- 
blait pas moins d’une longueur 
interminable. Quatre nuits et 
trois jours pour des gens peu ha- 
bitués au vovage, n’est pas une 
entreprise ordinaire, Cependant. 
la faligue du chemin parcourt 
ajoutée à lénervement des seur- 
ses faites dans la métropole Îles 


enfants dormaient paisiblerment 
dans le convoi qui les menail 
vers l'Ouest. 


Les habitants sont matineux, 
ceux-là surtout, et c'est le cas de 
la majorité, qui comptent de 
nombeux enfants. Ainsi aux pre- 


mes s’empressèrent d'allumer le 
feu dans le potle du wagon. De 
leur côté les mamans se mirent 


Ce ne fut pas long que tous fur 
rent à table et dégustèrent un 
appétissant repas. À Jes voir fai- 
re, Jon aurait pu supposer qu'el- 
les avaient voyagé ainsi pour des 
jours consécutifs tellement tout 
se passait dans l'ordre. 


Durant: la première journée 
l'on traversa une région passa- 
blement accidentée aux bois as- 
sez touffus, aux lacs abondants. 
Ici et la l'on pouvait voir une 
cabane rudimentaire probable. 
ment édifiée par quelqu'un qui 
tenta un jour de se tailler un do- 
maine dans une région aride, im- 
propre à l'agriculture. Le lende- 
main l'on franchit le seuil des 
Plaines de FOuest. Vers midi l'on 
atteignit Winnipeg où l’on s’ar- 
rêta une heure environ, juste le 
temps de se rendre à quelques 
magasins pour aller refaire les 
réserves de provisions. De Win- 
: nipeg à Edmonton, une distance 


Guy. 


naire de 


‘en frais de préparer le déjeuner. 


LA SURVIVANCE 
Au royaume de la 


| 
| 
| 


i 
| 


La blanche série des graineries esl un signe évident de la 
fertilité du sol et du travail inlelligent de son propriélairé. 


visite de la ville et encore une | 


: : : sur le quai de la gare nombre de 
miers ravons du jour, les hom- 


décor trois nuits et deux jours 
sont vite passés. L'on atteint Ed-| 
monlon ville trés moderne, aux! 
rues spacieuses où règne une ac-| 
tivité fébrile, Es 


* L'on découple ici le wagon! 
spécial qui doit conduire nos fa-i 
miiles jusqu’à teur destinalion. | 
Jl prendra la route du nord alors! 
que le convoi se dirige vers Van- 
couver, Mais vu que le raccorde. 
ment avec le train du nord ne “el 
fera que dans l'après-midi. le! 
wWaguu spécial est placé sur une; 
voie d’évitement, Les voyageurs 
profitent des heures qu’ils ont à! 
leur, disposition pour faire une 


fois pour s'acheter les provisions | 
dont ils auront besoin avant d’al- 
teindre leur destination, Les en- 
fants ne manquent pas l'occasion ; 
de se délasser un peu. Enfin, 
vers les 6h. 30 de l'après-midi 
l'on se remet en route pour Mc- 
JLennan où l’on arrivera Je len- 


Les familles sont toutes de 
très belle humeur; aucune d'eiles 
ne se plaint de la fatigue du tra- 
jet. Ce qui les réconforte davan- 
lage, c'est qu'elles rencontrent 


parents ei d'amis accourus des 
paroisses environnantes pour 
leur souhaiter la bienvenue, 


Les liens d'amitié qui se nou. 
vent alors se substituëérent effica- 
cement à ceux que l’on avait bri- 
sés au départ, L'on entrait dans 
une nouvelle famille où déjà plu- 
sieurs figures étaient familières. | 
Peu de temps se passa que les fa- 
milles étaient déja hébergées ici 


On — 


Les revenus de la ferme 


Le revenu lotal de Ia vente 
des produits de la ferme au Ca- 
nada en 1947, est evalué à $2.- 
062,195,000, d'après les derniers 
rapports du Bureau de Ja slalis- 
tique. C’est un record. C'est en 
1932 que le chiffre fut le plus bas 
soit $2383.700,000. Le chiffre le 
plus élevé pendant Ja guerre fut 
de deux milliards en 1944. 

Le total de $2,202 millions en 
1947, donne ‘une moyenne de 
82,730 par ferme, basée sur le re- 
censement de 1941. Sur la même 
base, le revenu par ferrae, dans 


mn 


n 


Le jeune Laurent Bouchard. origi- 


Saint-Bruno, 


Jean, sur la terre d'un ami qu'il 
est allé visiter, M. Georges Carlier. 
dutrejois de Drummondville. Arri- 
ué depuis quelques années seule- 
ment & Falher, M. Carlier y possède É 
maintenant 


} 
| 
Lac-Saint- | 
| 
l 


une (rés belle terre, ! 


| 


Jeur arrivée elles étaient défini- 


leur paroisse d’origine, leurs pa- 
rents et leurs amis pour aller s'é- 
tablir aussi loin? Ne se trouvait- 
il pas dans leurs paroisses, ou 
aux environs, des terres disponi- 
bles où établir leurs fils? Dans 
certaines paroisses il cut été pos- 
sible d'établir l’ainé des garcons, 
mais ecla au détriment des au- 
tres. Pour favoriser chacun des 
fils d’une terre, et comme elles: 
n’entendaient pas voir leurs en-! 
fants quitter la campagne pour la 
ville, ces familles en vinrent à la 
conclusion qu'il valait mieux re- 
commencer à neuf dans une ré- 
gion nouvelle où elles pourraient 
établir chactin de leurs fils au- 
tour d'elles, | 

l 


Naturellement elles ne s'enga- 


lgérent pas dans cette migration 


sans s'être enquises au préalable 
des possibilités réelles de Ja Val- 
lée de la Ritiére-la-Paix, Ouire 
d'en avoir entendu parler, la plu- 


semences en plongèrent bientôt dans un pro- à | à part furent renseignées par un 
fond sommeil, Le train n'avait] demain matin vers les cinq hett-| Larent ou un ami qui s'y était 

parcouru qu'une faible distance |res. lui-même rendu. Les renseigne- 

erta lorsque tous, hommes, femmes et Nouveau lens d'amitié ments ainsi obtenus démon- 


traient clairement que l'on pou- 
vait là-bas s'acheter des terres 
de 160 acres pour une somme de ‘ 
$1,500 et $2,500 selon l'étendue 
en culture, le paiement de cette 
terre pouvant s'effectuer dans 
des conditions très avantagruses. 


Une belle région de 
colonisation 


Mais que penser de cetic ré- 
gion de colonisation? La région 
de la Rivière-la-Paix peut dans 
une certaine mesure se comparer 
à l’Abitibi québécois. C’est un 
pays neuf, rempli de promesses 
où tout ou à peu près reste à fai- 
re. 11 y a là-bas place non seulc- 
ment pour un grand nombre de 
cultivateurs mais aussi pour des 
professionnels tels: médecins, 
dentistes, avocats, notaires, nom- 
mes de commerce, etc. L'on y 
rencontre des paroisses agricoles 
en bonne voie de prospérité. 
‘est le cas de Donnelly, Falher, 
Girouxville. La population de ces? 
paroisses est en grande majorité 
canadienne-française, de sort 
que partout les affaires se tira 
sigent en français. Le prix de 
terres y varie de $2,500 à $10,00 
selon la superficie en culture 
la proximité des villages. De noue 
veaux centres sont en formation 
Guy, Jean-Côté, Nampa, n’atten- 
dent que des familles pour se so- 


peut passer du stage de colon à: 
celui de cultivateur en l’espace. 
d’un an. À ce point de vue, étant: 
donné l'efficacité de la mécanisa- : 
tion, il est avantageux de s’y éta-| 
blir. Nous avons vu, par exemple, 
ouvrir 50 acres de terre en trois | 
jours. Et nous entendons par ou: 

verture de cette terre le cassage 

et le tassage, ce qui rend Je ter- 

rain prêt pour la charrue. On ne 

peut guère imaginer l’énorme tra-: 
vail que peuvent accomplir en 

ces vieux brûlés Jes puissants 

tracteurs utilisés là-bas. Arbres, 

souches, broussailles, tout se tas- | 
se aisément. Celui donc qui arrive 

au printemps ou même au cours 

de lannée, peut se faire prépa- 

ver, à un prix irès ENS 
une étendue de terre considéra- 

ble pour la saison suivante. Ainsi, | 
les travaux de cassage, de tassage | 
et de labour, dont le coût varie 
selon la nature du terrain ne dé- 
passe guére la somme de Si3 
Pacre. Quant aux récoltes elles 
sont généralement assez payan- 
tes. de sorte que le revenu des ré- 
coltes sur une partie de la terre 
permetira trés souvent de rem- 
bourser dès la première année le 
coût d'achat et.les travaux mica- 
nisèés. Durant les mois d’hiver, le 
chef de famille et.les garçons qui 
sont à même de travailler n'ont 
aucune difficulté à se trouver de 
l'emploi. En Alberta comme aïl- 
leurs il x a pénurie de main-: 
d'oeuvre. S'il n'aime pas laisser 
son lot, et pourvu qu'il y ail suri 
ceiui-ci du bois de chauffage. il 
pourra x trouver une source rai. : 
sounable de revenus, car le bois 
de chauffage est en grande de- | 
mande et se vend à des prix fort 

intéressants. : 


À 
É 
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j 
i 
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| 
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ï 
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' 
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0 
; 
! 
| 
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N'abandonnons pas les nôtres 


La Vallée de la Rivière-la-Paix : 
est une des plus riches régions 
de colonisation au pays, Les pa- 
roisses françaises qui y sont ou- 
verles sont irop peu considéra-: 
bles, trop peu nombreuses aussi. ; 
H y aurait place là-bas pour «les, 
miiliers de familles. Et puisque! 
les nôtres s’r sont les premiers | 

| 


aventurés, qu'ils en ont pour ain- 


et là chez des parents et des 
amis. À peine une semaine aprés 


be 


HN RES 


| des possibilités agricoles de ses | Et 5 > :livement installées chez elles. 
Ment de celie région dont on à | Rivière-la-Paix 550" 2 mins ce 
ment de celte région dont on 4; | aix comptait ce matin-là q 
si souvent entendu parler depuis: i grosses familles de plus, ce qui 
quelques années: Ja Vallée q£ la. . | H'est pas peu dire. 
Riviére-la-Paix. Au cours d'un ë : , | , 
voyage qu'il nous fut donné: . Avec des familles du Lac-Saint-Jean | Les raisons d'un départ 
d'entreprendre, alors que nous. | | 
: à un ia Mais, demandera-l-on., pour- 
accompagnions un groupe de fa-: Le voyage tances considérables. Dans un tel! Quoi ces familles ont-elles quitté . Re rue 


Coupage à la lieuse. 


“Vous récoltere les fleurs, ‘de neuf cenis milles environ,|chaque province, serait le sui- | dE € 
1 Ce que vous sde les pleurs”. l'on fut à même de voir. de cha- !vant: RE Fe pos Fe 
da da Revenu Mo. par | ançais, Les terres se ven} ci 
Semez done à pleines mains: . champs de blé, d'avoine et d'or-; ota erme rançals. Les ICTres $e : 
Mais ne eue du bon grain, : ue à perle de vue, de spacieuses | L PE. .$  18,978,000 51500 dent, bien cts à meilleur 
C'est la recette pour faire du gain. : remises de blé qui regorgent tou-|N.-Ecosse 33,098,000 1030 |Compte vi qu elles ne se nas 
Que vous conseille Jos Sylvain. {jours après les récoltes. Les|N.-Bruns. 38,273,000 1200 |AUSSI améliorées à que l'étendue, 
champs sont dorés et rien ne|Quéhec .. 265,821,000 1890 |°7 culture est plutôt restreinte.’ 
Et en guise de conclusion, ! semble reposer l'intelligence au-! Ontario . 546,290,000 2000 n'y a là Le aubaines pour des 
J'ajoute un mot à ma facon : ‘tant que la vue de ces tiges de Manitoba 185,899.000 3200 | ÆTOSSES familles qui veulent gar- : 
Quand vous semez, cultivateurs, : grains oe au mé des bri-|Sask. . , 444942000 3200 |der leurs enfants à Ja terre. 
C'est un peu pour les goffeurs. ses qui déferlent sur les prairies. | Alberta .. 347,212,000 3480 a. + ette 
É L'on franchit ainsi, sans qu'elles) C.-C. . . 92,679,000 3120 ET passe dd Labour à la mission Sainl-Augisinn. 
Le COFFEUR. ! paraissent trop longues, des dis-' Canada . 2,002,195,000 2730 | capital, soit de $3,000 à 85.000, Le 


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nax, el le Père Es P BORCRERAATE | dans l'ordre que l’on n'aille pas! Photo du haut: de nouveaux arrivés de Québec prerrent US 
Parent. O0. M, 1 . = re a ‘les abandoner. D’ailleurs les Ca. | pour la charrue, : 
: pe Jean. € . apoinie e nadiens francais $ Ê Î ie . D : 
de la Riviére-la- x su Fa, ñ me Real Sont, partout! 45 milieu : A. el Mine Alexis Bouchard, M. et ir PET fioul 
Pie. dans , Saint-Joseph d'Alma, éta- chez eux au pays. Et s’il est un : À NRA nie UE À) PEL 
LIRE dans ur champ bli sr coin de notre beaü pays qui pro Mme Pitre Bergeron, tous originaires de RAS poucii 
‘ d'avoine au lue Mayloi- FREE as ns HeRDESe met pour l'avenir, c’est bien ce- | °"" de belles fermes à Donnellÿy. Maison de M. et 0 
| | . , ; à Donnelly. NE | ur pot 
| re, près de Falher. Pho- lui-là, su : Photo du bas: Af, Joseph Filion, un pionnier dr AE Lt 
| lo prise en août 1945. oland VILANDRE, maintenant les machines de eullure Les plis modernes { 


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nu 


ue, 
>? 


CP TE 


Fra Gt NE D 


otembre, 1948 


La région 


# 


. Par Laurent GAREAU 
agronome 


qu mois de mai dernier, le mi- 
nistère provincial d'Agriculture 
guvrait un bureau à Bonnyville 
dr envoyait un agronome reési- 
qert. qui n’était autre que moi- 
nome, pour travailer au bien des 
glivateurs de cette région du 
gord qui, jusque-là, recevaicnt les 
grrices de l’agronome de Saint- 
. Paul, HS ù 

fette région agricole com- 
| rend environ 2,000 fermes cou- 
| Kront une étendue d’une quaran- 
| yine de “townships”. 

Sans faire l'historique du dis- 
pict, disons simplement qu'il fut 
quvert à l'agriculture, il y a à 
peine 4@ ans, par des Canadiens 
français. Aujourd’hui, fes nôtres 
ny sont plus en majorité, mais 
Le pars garde pourtant son ca- 
chet tout particulier qui rappelle 
pujours l'oeuvre de nos ancc- 
Litres, Dés qu’il entre dans le villa- 
æ, envore tout neuf et essentiel- 
Riement rural, de Bonnyville, tout 
faadien français se sent ac- 
Dogeitt par la franche hospitalilé 
ds pionniers. En voyant le 
grand nombre de fermes déjà 
Borosptres. malgré leur fondation 
récente, i doit conclure aussi 
Que le DAYS à donné des preuves 

Aie son avenir agricole. . 

Voyons un peu ce 
igion peut offrir au point 


Line agricole. Sans créer de faus- 
ss illusions, on peut dire que 
Ms fermiers de Bonnyville trou- 
Mient ici tout ce qui cest nêces- 
aire pour arriver au succès. 
Le climat est typique des ré- 
gons boisées de l'Ouest cana- 
ien: ies hivers sont assez rigou- 
Brux avec passablement de nei- 
we: l'été est chaud et les longs 
Mours cnsoleillés sont favorables 
É: la croissance rapide des récol- 
M: I est plutôt rare qu'on Y 
unffre de sécheresse. 
Les sols sont très variés el se 
Mrtent admirablement bien à la 
ulture mixte. Sur les bonnes ter- 
es noires, les céréales donnent 
Hs résultats comparables aux 
citteurs de toute la province. 
l'orge. en particulier, s’y adap- 
le à merveille. 
Les terres grises et de transi- 
bon, quoique de moindre quali- 
Mi, produisent d'excellentes ré- 
Boites de fourrage et de semcn- 
Re de légumineuses. 
A Une bonne proportion des sols 
qu'on qualifie comme non-ara- 
Mes. à cause des pierres ou des 
Ébrcidents de terrain, fournissent 
Miabondants pâturages et foins 
our le nombreux bétail de la 
Bcsion. ‘ 
Quant à l’eau, elle n’est pas ce 
Bu'on appelle un problème. En 
Ecreusant des puits de 20 à 30 


agric( 
de Bonnyville 


que cette! condité. 
de | ferme, au contraire, grâce à la! 


: 


le 


pieds de profondeur, on est assu- 
ré d'avoir de l'eau potable à pro- 
fusion, Et puis, quel est celui | 
qui na pas entendu parler de 
ges pen lacs d’eau douce dont 
Fo e senorgucillit à duste 
Pour une région jeune ! 
la nôtre, es HiOYeRS de ca 
nication sont satisfaisants. Le! 
train traverse la région deux! 
O18 par jour, excepté le samedi. 
: En somme, Bonnyville est un: 
joti district du nord de l'Alberta 
où l'on trouve un “chez nous", 
où il fait bon vivre; un district 
qui a déja de belles réalisations ! 
à son compte ct qui cst plein de; 
promesses pour Pavenir. 
L. GAREAU. agronome. 


+ nn — 


La famille 


| 


“La famille est la cellule socia-: 
le par excellence, Elle constitue | 
notre principale richesse. Un: 
pays qui favorise la multiplica-| 
tion des familles fortes s’enri-: 
chit et sert la paix sociale: Or! 
la campagne plus que la ville! 
permet l'éclosion et l'épanouisse- ; 
ment de familles nombreuses et; 
fortes. L'usine, l'atelier, le ma- | 
gasin, le bureau dispersent la fa- 
Mille; ils l’affaiblissent et finis- 
sent parfois-par en farir la fé-! 
L'exploitation d'une 


collaboration étroite qu'elle exi- 
ge de chacun de ses membres. 
unit les foyers: elle réalise cette 
merveille que l’on a appelée “la 
soudure intime de la famille”. 
Lettre pastorale des évèques 
de Québec, 1946. 
QE — ——— 
| 

Cultivateur, allez 


dans l'ouest 

“Les terres de l'Ouest — ct j'in- 
siste sur ce point — sont culti- 
vées avec grand succès par nos 
compatriotes. Ceux-ci comptent | 
parmi les meilleurs exploitants. ! 
Les cultivateurs du Québec dési- 
reux de fixer leurs fils autour | 
d'eux trouvent dans l'Ouest des 
conditions idéales d'établisse- | 
ment, 

“Avec Pargent qu'un cuiltiva- 
îeur réalise par la vente de sa 
terre, il lui est facile de s’instal- 
ler là-bas et d'y installer par sur- 
croît, ses enfants. C’est un genre 
de colonisation à distance que 
nous ne devons pas négliger. Les 
Associations canadiennes-fran- 
caises du Manitoba, de la Sas- 
kaâtchewan et de l'Alberta récla- 
ment notre aide pour renforcir 
ieur position: elles sont toujours 
prêtes à reccvoir, à encourager 
de toutes facons, les nouvelles 
recrues." 


Georges MAHEUX 


NOVICIAT MARISTE | 


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DE 


M. J. A: BOIVIN 


Gérant général 


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LA SURVIVANCE 


ou l'unique souci du cultivateur albertain. 
On y cultive aussi de plus en plus la lu 
hées sur le marché pour leur haule qualilé. 


Les champs d'avoine rappor- 
serne, le tréfle rouge el 


Sols et rendements 


On peut diviser les sols de 
PAlberla en lois grandes caté- 
gorics: : 

1. Sols noirs ou humifères, On 
les trouve dans ja région de Mo- 
rinville, Ce sont des sols très ri- 
ches, excellents pour la produc- 
tion du grain, mais surtout des 
plantes fourragères. Ce sont les 
sols les plus fertiles de la pro- 
vince. 

2. Sols chocolats. Is se ren- 
contirent surtout das le sud et 
le centre de la province. ils sont 


| spécialement bons pour la cul- 


ture des grains. 

3. Sols gris. Particuliers à la 
région de Bonnyville et de la 
Rivière la Paix, Ils sont favora- 
bles à la production des légumi- 
neuses et des graines de légumi- 
neuses: luzerne, trèfle rouge, trè- 
fle alsike. La culture des légu- 
mineuses est une des meilleures 
sources de revenus pour le cul- 
tivateur. en même temps qu'elle 
sert à améliorer le sol. 

Valeur des lerres. Elle a aug- 
menté d'environ 30% depuis la 
guerre. 

1. Dans la région de Morinvil- 
le, Je coût des terres varie de 835 
à 850 Pacre, soit $4,000 à 58,000 
le quart de section (160 acres). 
selon que le sol est plus ou 
moins riche, que la ferme est 
plus ou moins éloignée des cen- 
tres. 

Rendement: On peut obtenir 
facilement un rendement moyen 
de $60 l’acre. ’ 

9 Dans la région de Bonnyvil- 
le, le prix moyen des terres à 
vendre est de $30 l’acre, soit 
S3,500 à $6,000 le quart de Sec- 
tion. À noter que cette région a 
produit l’an dernier plus de lu- 
zerne que la région de la Ri- 
vière-la-Paix. Rendement à l'a- 
cre: céréales, 823; légumineuses: 
$43. 

En 1944. la vente moyenne des 
produits agricoles en Alberta a 
été de 53,140 par ferme 


Possibilités d'établissement 


Actuellement, elles sont limi- 
té 
d'un certain capital, 


es à ceux qui peuvent disposer tera le bien-être désirable et la 
Il y a de sécurité pour l'avenir. 


magnifiques achats à faire un! 
peu partout pour des Canadiens ! 
français qui pourraient et vou-| 
draient ÿ engager un capital. 
Certains de nos centres sont me- 
nacés par l’envahissement russe 
ou ukrainien. J’'intérêt national 
et religieux nous demande de 
tout faire pour protéger ces cen- 
tres, car la conservalion de no- 
tre langue et de notre religion 
devient plus difficile dans des 
paroisses à moilié grugées par 
des gens étrangers à nos tradi- 
tions, indifférents au point de 
vue religieux, ou même hostiles. 

11 nous faut de vrais agricul- 

teurs, travaillants et économes. 
ouvant disposer d’un capital 
initial suffisant, 

Il n’y a aucun risque à acheter 
une terre, même si le prix en 
semble un peu élevé, à condition 
de ne pas se grever d’une dette | 
trop forte et d'intérêt à payer. 

Financement des terres. On a 
étudié plusieurs moyens de fi- 
nancer lJ’achatl de terres. 

1, Achat proprement dif par 
un ou plusieurs cultivateurs 
ayant un capital; , 

2. Syndicat financier: 

3. Plan Tellier: prêt garanti 
par le titre; intérêt de 5%; rem- 
boursement par une partie de la 
récolte annuelle; 


4. Caisses populaires. Elles ont 
fourni les fonds nécessaires pour 
l'achat de terres dans certaines 
paroïsses, Lafond et St-Vincent. 

Gonclusion. Nous croyons que 
la colonisation dans nos régions 
de l'Alberta offre les plus grands 
avantages, J1 nous faut des cul- 
tivateurs véritables qui com- 
prennent que l'agriculture est} 
une vie, et non seulement un mo- 
yen de faire de l’argent pendant 
quelques années, et le plus vite 
possible, Il nous faut des cuiti- 
vateurs travaillants et économes 
qui pensent à l'avenir de leurs: 
enfants et qui savent leur incul- | 
quer l’amour de la terre. Quand 
ces terres sont parmi ,les plus 
fertiles du pays, is peuvent être 
assurés que le travail leur appor- 


Fe De oem rm 


À travers l’histoire 


1838 — Là où s'élèvent au 
jourd’hui Jes édifices parlemene 
d'EÉdmonton. les abbés 
Blanchet, en route 


Demers et 
plan- 


pour la côte du Pacifique, 
ne croix. 
tes __ L'abbé Thibault fonde 
la mission du lac Sainte-Anne. 
1859 — Les Soeurs Grises, de 
Montréal, ouvrent au lac Sainte- 
Anne leur première école, irans- 
portée quaire ans plus tard. à 
Saint-Albert, situé à une quin- 


zaine de milles d'Edmonton. 


1862 — Le Père Lacombe in 
augure à l'intérieur du Fort Eds 
monton la premiére 
lière à l’ouest du Ma 

8 


oba, 
9 -— “Par Yautorité de 


te fa 
Majesté, je vous assure apres 


votre union (des Territoires 


écals rés 
nil 


* 
1 


tas va le Gercde + + 
Leg Le Ar 79 ê Lao Gr- 
ARDISS ë Drome ‘oônco ra de 


me à la fin de la fournée et un 

chu primaire de français. 
1904 Ecole obligatoire. 

1903 = On ne ‘permet désor- 


tère de J'ihstruction publique. 


tr] 4 
vince d'Albetta. Sir Wilfrid Lau- 


rier veut rendte justice aux éco- |’ 


les séparées et aux Canadiens 
français, mais, pour éviter une 
défaite parlementæäre. il capitu- 
le déyant les fanatiques. 


PS 


> 
+. Le 


É 

| 

} | 
mais que les manuels du mimis- 

NE @rmation de la pro- | 


La colonisation 


Il ne suffit pas d'envisager la 
colonisation ou la prise de pos- 
session du sol comme une mesu- 
re transitoire, pour remédier à 
une crise de chômage ou poun 
rétablir l'équilibre entre les con- 


‘sommateurs de la ville et les pro- 


ducteurs de la campagne. 

“I1 faut la considérer comme 
une oeuvre permanente et de 
longue portée. une oeuvre desti- 
née à favoriser l'épanouissement 
normal de Ja famille et à résou- 
dre le problème difficile de l’é- 
tablissement de notre popula- 
tion.” 

Lettre pastorale des évêques 
de Québec, 1946. 


Les éducateurs 


et la colonisation 
“Que les éducateurs tournent 
les regards de leurs élèves vers 
les régions. pleines de promes- 
ses, où j’on peut se diriger et 
s'établir sans avoir à quitter sa 
province ou son pays. Qu'ils fas- 
sent revivre les gestes des an- 
ciens. Canadiens et montrent 
comment nos pères ont accompli 
leur devoir et mis en valeur nos 
richesses nationales. Ce faisant, 
ils éveilleront des espoirs bien 
fondés et de légitimes ambitions, 
ct ils serviront intelligemment 
la cause de la colonisation”. 
Lettre pastorale des évêques 
de Québec, 1946. 


oo 


Les fermes dans les 
prairies 


La superficie totale des trois 
provinces des Prairies, Manito- 
ba, Saskatrhewan ct Alberta, est 
de 481 millions d'acres, dont 
auelque 110 millions d'acres sont 
consacrées à l'agriculture. Près 
de 41 p. 1099 des 732,715 fermes 
du Canada se trouvent dans ces 
trois provinces. [La population 
de cette région s'élève à près de 
2 millions et demi dont plus de 
la moitié vit sur des fermes ou 


dans les centres ruraux. 


Semence de trèfle rouge 


La production de semence de 
irèfle rouge en 1947 a élé de 
5.197,000 livres, environ la moi- 
tié de la quantité recommandée 
à la Conférence agricole fédéra- 
Je-provinciale de 1946. Cette se- 
mence canadienne est très ap- 
préciée dans les pays européens 
et aux Ltats-Unis. Environ 1.500.- 
0090 ïivres devraient être dispo- 
nibles pour l'exportation. 

La production de semence de 
trèfle d’odeur en 1947 a été de 
9,870,000 livres, environ 2 mil- 
lions de livres de moins qu'en 
1946, mais comme les besoins 
nationaux de cette semence nc 
se montent qu'à environ ©? imil- 
lions de livres, il v aura environ 
7 millions de livres disponibles 
pour l'exportation. 


Page : 


| Un ancien du Québec 


rend témoignage 


Au mois de juillet, M. Donat grais.… Contrairement à ce qui se 
Forgues, établi dans la région de | passe plus au sud, nous n'avon: 
la Rivière la Paix depuis 1912.) jamais, à ma connaissance, man: 


était de passage à Québec. Il 8 
accordé une entrevue à un jour- 


naliste de l'Action catholique au‘ 


cours de laquelle ii a montré 
quelques-uns des avantages ré- 
servés aux cultivateurs québé- 
cois qui voudraient suivre son 
exemple. 

— A quelle occasion, M. For- 
gues, avez-vous décidé de reve- 


nir dans la province de Québec?i 


— Ah! ce n'est pas unc occa- 


ïi district de la 


sion: C'est un ami persunnel, le} 


K. Père Parent, missionnairc-co- 
Jonisateur, qui m'a sollicité de 
revoir la province de Québec. 
Cela fait deux ans qu'il me par- 
le de cela. J'ai été trés heureux 
de rencontrer mes parents après 
une trentaine d'années d'absen- 
ce. Il fait toujours plaisir de re- 
irouver les siens ct son pays 
d'enfance. 

— Mais, au fait, quels motifs 
vous ont poussé à aller si loin? 

.— Oh! j'étais jeune, alors, Je 
venais de me marier. Ù 
d'aventure, les beautés de l'Ouest 
dont on comimençait à parler à 
cetté époque, tout cela.m'a por- 
té à partir, d'autant plus que 
ma femme me secondait. 

-— Une fois rendu, vous êles- 
vous épris de l'Ouest? 

— Ce ne fut pas long. Nous 
sommes arrivés là une dizaine 
accompagnés des Pères Falher 
et Giroux. Le voyage fut dur et 
long; les moyens de locomotion 
modernes n'étaient guère répan- 
dus à cette époque. Mais lorsque 
nous avons vu la grandeur du 
pays, les possibilités qu'il gardait 
inexploitées, nous ne pümes 
faire autrement qu'être fiers et 
heureux. À notre arrivée, ce n'é- 
tait que la forêt semée, ca et là, 
de petits ilots de prairie. Au- 
jourd'hui, la prairie s'est clar- 
gie. Elle est vaste comme un 


suis attaché à ce coin de terre: 
il est devenu ma patrie. Je l'aime 
et je veux ie voir grandir en po- 
puülation et j'affirme qu'il est un 
pays prometteur pour l'avenir. 
| Le peuple qui y vit, issu du Qué- 
| bec, en a conservé les traditions. 
Je ne regrette pas d’avoir éle, 
pour ainsi dire.-un éclaireur. 

_— Quel genre de culture F 
pratique-t-on? 

— ‘Toutes les céréales: blé, or- 
ge, avoine, pois, lin; les plantes 
fourragères, luzerne. trèfle, qui 
fournissent maintenant aux .cul- 
tivateurs des revenus InNesperes. 
La grande culture est encore la 
plus répandue. Mais le pays sc 
prête fort bien à la culture mix- 
te et mème à la culture marai- 


chère. 

… Et la ferre, comment esl- 
elle? 

_— Excellente. Elle pousse 


bien, se défriche facilement. Le 
bois n'est pas gros. |l n° a pas 
de roche. C'est nlanche. Il n'est 
pas besoin de fossés ni d'en- 


L'esprit ! 
à { bonnes récoltes, il faut de 30 à 


océan, Je n'ai pas voyagé: jc me; 


| 


| 


| 


| Pour 


qué de récoltes complètement. 
— C'est donc vrai que POuesl 
ct peut-être plus encore le Nord. 
Ouest, est le grenier du monde: 
— C'est très vrai, et surtout 
Rivière la Paix 
dernièrement, pai 


On disait 


! exemple, que trois postes locaux 


sont ceux qui vendent le plus de 
blé au monde, soit Sexmith 
Grimshaw et Falher. A Falher 
centre canadien-français, un seul 
élévateur achetait des cultiva- 
teurs 330,000 minots de grain 
l'an passé. . 
— Je reviens sur celle ques- 
tion. Y a-t-il possibilité de pous- 
ser davantage la culture mixte ct 


‘Ja culture maraîichère chez vous: 


— Certainement, mème si la 
précipitation est plutôt faible. 
avoir de bonnes récoltes 
maraîchères, il faut beaucoup de 
pluie, 


On calcule, dans la province 
de Québer, que pour obtenir de 


33 pouces d’eau par année. Chez 
nous, nous avons vu d'excellen- 
tes récoltes avec +4 à 6 pouces 


! d'eau. 13 pouces donnent des ré- 


sultalts extraordinaires. Nous 
avons de beaux potagers le lons 
de la Rivière la Paix, Il y pous- 
se méme de la vigne. 


_— Serez-vous longtemps dans 
notre région, M. Forgues”? 


— J'ai passé quelque teinp: 
dans ma famiüle, Il n'a fait plai- 
sir de rendre visite à la parent“ 
québécoise de mes compatrioles 
de Ja-bas. Avec le Père Parent. 
je me rendrai au Lac St-Jean ci 
dans la région de Rimouski. 


— Vous allez sans doute en- 
courager nos gens à s'établir à 
la Rivière la Paix? “ 

— Pourquoi pas? Si le pars 
est bon pour moi, je ne veux 
pas Le garder pour moi seul, Je 
voudrais tuer certains préjugés. 
Partir pour l'Ouest, au dire de 
certains, c'est aller s’angliciser 
et se protestantiser. Que l'on 
vienne chez nous au milieu de 
nos populations catholiques, el 
l'on verra comment fleurit le pa- 
triotisme le plus sain et le ca- 
tholicisme le plus pur. 


—_ Et à qui, enfin conscille- 
riez-vous de s'établir fà-bas? 


— Naturellement, nous aimc- 
rions voir arriver chez nous des 
jeunes gens, mais surtout des fa- 
milles nombreuses. Le territoire 
est très avantageux pour les fa- 
milles nombreuses, Dans le Qut- 
bec, les établissements sont plus 
difficiles. Chez nous, avec quel- 
ques milliers de dollars. elles 
peuvent se tailler un domaine 
pour toute la maïsonnée. Les 
jeunes aimeront nos vastes ter- 
‘res: la machine les hypnotisera. 
lis seront bien. É 


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tous vos droits et privilèges ci 
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neur du Canada, Sir John Yôun 


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Manufacturier de chaussures , 


aux habitants des Territoires. 
1875 — Organisation des Ter- 
ritoires du Nord-Ouest. Article 
J1: “La majorité de tout district 
pourra établir J’école qu'elle ju- 
gera convenable, mais toute mi- 
norité aura le SH de posséder 
ne école séparée.” : 
5 1877 — Article 110 des Terri- 
toires du Nord-Ouest: “Toute 
persanne pourra faire usage soit 
de la langue française, soït de Ja 
langue anglaise. dans les débats 
du Conseil ou de l’Assemblée lé- 
gislative des Territoires, ainsi 
que dans les procédures devant 
les tribunaux.” : 
1884 — Ordonnance établis- 
sant un Conseil de PInstruction 
publique divisé en deux comités, 
Pun catholique, l'autre protes- 
tant, avec droit de surveillance 
et de direction. Une seule res- 
triction: pas plus d’une heure 
d'enseignement religieux par 
jour, à la fin de la journée. | 
:1885 -—— Première agression 


éontre le système scolaire catho- 


lique. 4 
1888 — Amendement obligeant 
à un cours primaire d'anglais. 
1892 Daïton McCarthy, 
orangiste, fait abolir à peu près 
complètement les privilèges des 
écoles séparées. Ï1 ne restenlus 
qu'une demi-heure de catéchis- 


la même année, ke ministre de 
Y'Instruction publique publie les 
règlements sur l’enseignement 
du français dans les écoles pri- 
maires de l’Alberta. 

1925 -— Le 13 décembre, plus 
de 400 Franco-Aïlbertains, 


Macdonald, 
ton 
l'Alberta (A.C..A.). 

1926 — Le 4 novembre, fonda- 
tion de l'Association des Instt- 
tuteurs bilingues de l'Alberta. 

1928 — Le 16 novembre, fon- 
dation du journal “La Survivan- 


ce”. 

1935 — Fondation de l’Asso- 
cliation des commissaires d'éco- 
le de langue française. | 

1941 — Au congrès général de 
V'A.C.F.A. on jette les bases de 
la Société d'Enseignement post- 
scolaire. 

1946 — Grâce au travañl de 


PA.C.F.A. et de la Société d’En-|f 


seignementpostscolaire, on fon-| 
de la Fédération des Coopéra- 


‘tives franco-albertaines. 
1948 -— Après une lutte histo-}f 


rique, les Franco-Albertains ob- 
tiennent de Radio-Canada Fau- 
torisation de fonder un poste de 
radio français à Edmonton. Le 
permis du fédéral leur est ac- 
cordé au mois de maïi. 


au |à 
cours d’un banquet à hôtel | 
fondent YAssocia- |f 
canadienne - française de |} 


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Eur Marc-R. MEUNIER 


Depuis son établissement au 
pays, l'élément français a été 
sars cesse aux prises avec des 
préoccupations don Ja principa- 
ie était sans conteste celle de sa 


survie même, Héritier d’une 
vicille tradition terrienne que 


ses antêtres avaient apporlée de 
leur pays d'origine, il n’eut rien 
de plus pressé que de veiller 
d’abord à s'implanter solidement 
sur Ja terre, d'en défricher des 
espaces croissants qui lui per- 
hettent de sc susténter. Ce fut le 
iébut. cle l'agriculture chez nous, 
tauelle devait nous fournir, 
avec Jes' annéès, des phalanges 
successives de propriétaires ter- 
iens et constituer le réservoir 
te notre population. Cette con- 
iuîte longue et patiente nous # 
“alu l'ouverture de la région de 
la vallée du Saint-Laurent d'uù 
sont partis les pionniers qui re- 
conquirent une à une les icrres 
que n'avaient.su garder aux Can- 
tons de l'Est nos compatriotes 
d'autre Jangue et d'autre foi. 
Ce mouvement s'est continué 
à une allure assez vive jusau'au 
moment où, saturés de difficul- 
tés, un grand nombre de fils de 
nos coltivateurs, à la faveur de 
l'expansion industrielle de nos 
voisins du sud, onf cru trouver 
leur avenir dans fes Etats de la 
Nouvelle-Angleterre. Nous sa- 
vons aujourd’hui les pertes pres- 
que M parabee que nous avons 
t 


subies durant ces trop jiongues 
années de saignée constantes, 
surtout jorsqu'on s'arrête à 


considérer jusqu'à quel point 
notre expansion agricole se fut 
fait importante avec l'aide pré- 
cieuse des nombreux bras ence 
nous laissions ainsi partir. C'est 
pourquoi la fermeture des fron- 
tièrés américaines a donné à 
tous un regain d'espoir; nos dis- 
ponibikiés . de capital humain 
restant désormais au pays, on es- 
pérait pouvoir les lancer à nou- 
veau à la conquête de nos terri- 
loires inexploités. Depuis lors, 
une bonne centaïne de parois- 
ses agricoles ont surgi; l'expan- 
sion du Témiscaminguc ef de 
l'Abitibi ‘n'aurait probablement 
pas été possible autrement. 


Des familles qui vont 
s'éteindre en ville 


Depuis quelques années ce- 
pendant notre mouvement colo- 
nisateur coñnait une période de 
ralentissement inquiétant. C'est 
qu'il souffle de plus en plus sur 
le pars de Québec un vent dé- 
racinant qui remporte vers les 
cités industrielles uh nombre 
crôissant dé notre meillcire re- 
lève agricole. Trop de gens 
croitut sérieusemént que l’ave- 
air des nôtres n'est plus à la 
terre, mais qu'il doit s'intensi- 
fier au dévéloypement des autres 
ressources de la nrovince. 

uut le Québec soit moins bien 
partagé que les autres. provinces 
du Domioion au point de vue sol 
arable, cela ne fait point de dou- 
te Par contre .nous possédons 
des  réssourses hydrauliques 
d’une grande valeur, des forèts 
immenses, de même qu'un sous- 
sol dont l'exploitation n'a com- 
mencé à prendre de l'allure 
Gue depuis peu. Que ces entre- 
prises puissent fourni: aux nô- 
tres un travail abondant et rému- 
nérateur, tous l'admettent, mais 
il n'en reste pas moins que l’on 
ne saurait trop céder à ce cou- 
rant sans que l'avenir nous en 
tienne un compte séri'atx. Car si 
l'élément français a pu, en dé- 
pil des multiples difficultés qui 
Font de tout t:mps assailli, con- 
server une certaine importance 
au pays et parvenir à resier maîi- 
tre de sa destinée, c’est bien par- 
ce qu'un nombre important de 
Canadiens français sont demeu- 
rés dans la profession agricole 
et se sont, de ce fait, gardés 
dans un milieu propice à l’ex- 
“ansion des familles. 

Or. pas plus que les autres na- 
lionalités, échapperons-nous à Ja 
fonguc à cette loi inexorable qui 
fait que les familles transplan- 
ites on ville s'éteignent au bout 
‘le quelques générations. On n’a 
qu'à faire un2 enquête dans son 
sropre entourage pour se rendre 
compte que ‘ce changement 
d'orientation s'opère déjà à no- 
ré détriment. 


Propres responsabilités 
des cultivateurs 


L'importance numérique ‘de 
nos cultivateurs, surtout à la fa- 
veur des deux dernières guerres, 
a êté fortement réduite. Encore 
quelques années de cette déper- 
dition et nos belles campagnes 
ne seront plus que des squelettes 
de ce qu’elles ont été. Or il arri- 
ve que même dans nes centres’ 
agricoles les micux organisés, 
‘on ne s’éveille pas à cette réa- 
‘ité. Les années de prospérité re- 
lative n'ont pas été, comme el- 
les auraient dû être, des temps 
oropices à susciter un nombre 
ëquitable d'établissements nou- 
veaux. C'est pourquoi il nous 
faut de plus en plus et chaque 
‘ois que l’occasion s'en présente, 
‘veiller nos cultivateurs à leurs 
“Csponsabilités et Ics amener à 
“cprenñdre la tradition aui les a 
its ce qu’ils sont aujourd'hii. 


Fortifier nos minorités 


H nous arrive parfcis de pen- 
T que les lenteurs qui accom- 
agnent l'établissement au Qué- 
-Cc sont peut-être que nous 


s': 

La Survivance 
“lébdomadaire publié tous les mercredis à 10010-1099 rus, 
Edmonton, Alberta 
Fondé le 16 novembre 1928 


Jo':rnal indépendant .en politique et entièrement consacré à la cause 
religieuse et nationale. ‘ 


Rédecteur en chef : 


Rédacteur adjoint : S. Pelletier, 0.mn.i, 


PRIX DE L'ABONNEMENT : Provinces de l'Ouest : $2.00 par an ; 
Ktets-Unis et Québec : $2.50 par an; Europe : $3.00 par an. 


Organe officiel de “L'Association canadienne-française 
de l'Alberta” 


Autorisé comme envoi 


postal de la deuxiëme classe, 
Ministère des Postes, Ottawa. 


de survivance 


avons de nous ‘attacher, plus 
particulièrement ces années-ci, à 
aller renforcir nôs groupements 
minoritaires françafs dans les 
autres provinces: 

ersonne n’ignore en effet que 
nous n'avons pas toujours cu 
pour nos cultivatcurs des provin- 
ces des prairies toute la sollicitu- 
de au’auraient pourtant com- 
mandée les liens étroits qui nous 
unissent Des representants de 
nos groupements cthniques ont 
établi un peu partout au Canada 
des têtes de ponts dans le mouve- 
ment’de conquête que nous som- 
mes appelés à réusir. Nous syim- 
patisons bien aveé les probléines 
qui les assiégent, mais il semble 
que nots n'avons pas encorê po- 
sé le geste suffisaminent impor- 
tant pour qu’ils puissent croire 
à notre attachement véritable, 
au désir profond que nous ex- 
primons souvent de les voir tri- 
ompher dans des milicux qui 
leur sont parfois hostiles. 

Or, la meilleure façon de leur 
prouver notre sincérité, c'est en- 
core de leur fournir Iles élémeuts 
de capital humain qui léur man- 
quent pour consolider définitive- 
menti jcurs pusitions partout où 
ils se sont implantés. Car il faut 
ñécessairement que notre survi- 
vance ct notre expansion fran- 
çaises sur ce continent cessent 
d'être un simple souhait et de- 
viennent des réalités vivantes. 


Assurer l'avenir des belles 
familles 


En somme, que fauürait-il fai- 
re pour attéindré ce but? Tout 
simplement, un mouveñient con- 
certé, réel et persisiant qui rè- 
crutérait des familles canadien- 
nes-françaises agricoles en grou- 
pes suflisamment  homosènes 
pour les écarter, dès le départ, 
bon nombre d'obstacles qui ac- 
compagnent les migrations au 
loin. Pour en arriver Jà cepen- 
dant, il faudrait que partout l'on 
s'en occupe, qu'on ne cesse d'en 
parler, Au surplus, l'établisse- 
ment lointain, même dans les 
provinces des Prairies, ne revêt 
plus de nos jours le caractère hé- 
roïque d'autrefois. Tous les cèn- 
tres français sont prêts à con- 
sentir Îles sacrifices nécessaires, 
à donner à un-projét de cette na- 
ture la pleiné mesure de leur 
coopération, pourvu qu'ils aient 
le sentiment qué la venue de ces 
renforts est. quelqué chose de 
sérieux, ° 

C'est pourquoi l’appél des cen- 
res français de l'Ouest et du 
nord de l'Ontario se fera ces an- 
nées-ci encore plus préssant à la 
faveur des mouvements d’immi- 
gration qui s’intensifient d'outre- 
Atlantique et qui ne nous appor- 
tent pas toujours des gens de no- 
tre Jangue cet de notre foi. Il 
importe que les nôtres s’apprè- 
tent à prendre les devants et à 
s'assurer la possession d’un aus- 
si grand nombre que vnossible 
de terres propres à l’agriculture 
sur lesquelles pourront s'épa- 
nouir de belles familles qui fe- 
ront la gloire, et si nous conti- 
nuons de le vouloir, la force du 
Canada français. 

Marc-R. MEUNIER 
Service de la Colonisation 
des chemins de fer nationaux 
du Canada. 


LA TERRE DONNERA 
LA SECURITE 


L'une des tâches qui s'avèrent 
parmi les plus difficiles en ces 
années de prospérité relative, 
c'est sans nul doute celle de fai-' 
re aimer Ja colonisation. l’éta- 
blissement de nos jeunes à Ja 
cempagne, Mais il faut compren- 
dre aussi que la masse des jeu- 
nes ruraux, désaxés par les cir- 
constances adverses de ces der- 
nières années. cèdent peut-être 
plus facilément qu'autrelois au 
faux brillant des gains faciles, 
confiants que j’un de ces jours 
l'opportunité se présentera d’el- 
le-même à eux de se donner une 
mesure de stabilité qui leur per- 
mette dé fonder leur propre fo- 
ver. Actuéllément J'embauchage 
est encore passablement généra- 
lisé, et les plus vaillants, les plus 
débrouillards peuvert encore 
s'assurer, dans nos diverses en- 
treprises industrielles et fores- 
lières, des revenus plus que subs- 
tantiels. Et il arrive à peu d’en- 
tre eux de s’imaginer que cette 
période ne sera peut-être que 
transiloire, que viendront des 
années qui, sans être trop péni- 
bles peut-être, ne ressembleront 
guère à la période facile que 
nous connaissons présentement. 

Or, pour gagner des aspirants 
à la terre, il faut nécessairement 
faire appel à intelligence de 


notre classe agricole: il faut ré- |- 


veiller chez celle cette convic- 
tion que la terre seule est suscep- 
tible à la longue d'offrir une 
plus large mesure de sécurité et 
d'autonomie que tous les em- 
plois, même les volus Jucratifs, 
qui peuvent se présenter. Il faut 
susciter chez les jeunes la fierté 
de la profession agricole. C'est 
cette prédication nersistante qui, 
même si elle ne fait pas prendre 
à notre mouvement d’établisse- 
ent toute l'ampleur désirée, fi- 
nira par gagner à Ja cause de 
l'agriculture des adeptes plus 
convaincus qui garderont allu- 
mée chez nous. l4 ferveur du dé- 
frichemént, de l’humanisation 
de notre sol 

Marc-R. MEUNIER 


P.-E. Breton, o.mi. 


. pe . < EE " . FR Le 
l'outes les fermes de l'Alberta n'ont pas cel air de prospérilé, mais la piuparl peuvent y parvenir avec du travail, de l’économie. 


LA SURVIVANCE 


UNE BELLE FERME EN ALBERTA 


Ar 


| Les raisons de rester 
attaché à la terre 


et de la persévérance. Car le sol est très fertile et il récompense avec largesse ceux qui le cultivent avec intelligence et amour. 


£ 


Pourquoi avons-nous lutté pour un 
poste de radio français ? 


Pour tous les Canadiens fran- 
Sais de l'Alberta, ce fut une joie 
d'apprendre, le 22 :mars, que les 
gouverneurs de Radio-Canada 
ävaiént recommandé létablisse- 
ment d’un poste français à Ed- 
monton. Cette joic était d'autant 
plus vive qu'élle avait été pré- 
cédée de longs mois de lutte, 
d'attente et d'inquiétude. Mais 
jamais l'espérance ne nous avait 
abandonnés. Nous savions que 
les chefs de notre Association 
ne manquaient ni d'intelligence, 
ni de courage, ni 
Nous étions assurés qu'ils mène- 
rajient Ja JIlutie jusqu’au bout. 


Nous comptions surtout sur l'ai. 


de de Dicu, car nous avions l’ap- 
probation et l’encouragement des 
autorités religieuses et de ferven- 
tes prières montaient vers Je 
ciel pour le triomphe d’une cau- 
se juste. 

Même après la recommandation 
des gouverneurs de Radio-Can:- 
da, l'opposition ne désarma pas. 
Les sectes prôtestantes et les lo- 
ges maronniques continuérent 
de manifester contre nous. [Le 
gouvernement provincial Jui-mé- 
me, qui avait fait adopter une 

roposition à lPAssemblée Jégis- 
ative et présenté un mémoire à 
l'éffet d'empêcher l'établissement 
d'un poste de radio français en 
Albert, ténta de bloquer à Otta- 
Wa Ja décision de Radio-Canada. 
Mais après le 22 mars, on sentait 
bien que tous ces adversaires se 
préparaient à capituler. Il ne 
leur restait plus, d’ailleurs, d’au- 
tre choix que la défaite. Maigré 
leur opposition, le ministre du 
Transport nous accordait notre 
permis au mois de mai. 

On a dit avec raison que nous 
avions remporté une très gran- 
de victoire, Nous tenons à faire 
remarquer ici quelle n’aurait 
pas été possible sans la magnifi- 
gne camnagne de presse menée 
par nos compatriotes de l'Est. 
Ottawa a été en quelque sorte 
forcé de tenir compte d@s èner- 
#iques interventions en notre 
faveur qui lui venaient de l’On- 
tario, du Québec ct du Nouveau- 
Brunswick. II a compris que 
tous les Canadiens français du 
pays, quelle que füt leur couleur 
politique, étaient fermemert dé- 
cidés à faire respecter les droits 
du français à Ja tadio. Il a cédé. 
Maïs cette victoire, fruit d’une 
tdmirable coopération, n’était 
pas pour nous sans nuages. Elle 
nous imposait la très lourde 6bli- 
gation de construire ün poste à 
nos propres frais. Elle nous mon- 
trail, une fois de plus, que les 
droits du français sont pauvre- 
nent respectés par le fédéral Jui- 
même partout où les Canadiens 
francais se trouvent en minorli- 
té. Il n’en va pas de même pour 
la minorité anglo-protestante du 
Québec. Radio-Canada sait tou- 
jours trouver assez d'argent pour 
la servir avec générosité, 

En vue de la construction fu- 
ture de notre poste, nous avions 
fait sans bruit, à cause de l’op- 
position du gouvernement pre- 
vincial, une souscription à l'au- 


aulleu de l'engranaer. 


de ténacité. 


Tout comme dans le Québec, on fuit du foin 


SR SA 0 ee 0 AN ge TA QU de he RÉ Re Ce GE TR TU md PS AR me A re RSA ns fps An 0 es ed es de de er en m0 un 


tomne de 1944. Elle nous avait 
rapporté la somme de $32,000. 
F1 nous fallait bien davantage. 
Aussi, immédiatement  apre; 
l'obtention de notre permis, nous 
uvons:- organisé une grande sous- 
criplion dont l'objectif minimum 
a été fixé à $75,000. Cet objectit 
a été heureusement dépassé. Les 
terrains sont achetés où s'éléve- 
ront les antennes ct les studios. 
La construction des édifices el 
la mise en place des machines 
nécessaires at fonctionnement 
de notre poste, commenceront 
dès que les contrats auront été 
accordés. On estime que les dé- 
penses générales s’éléveront à 
environ $120,000.00. Les S40,- 
900.00 que nous avons recus du 
Québec serviront à combler les 
déficits d'opération des premiè- 
res années. 

Notre poste de radio sera un 
puissant moyen de défendre no- 
tre mentalité catholique ‘et fran- 


La Radio chez 


les animaux 


De ce temps-ci, chez les animaux, 
On n'entend parler que de radio. 
Dans les étables et dans Îles champs, 
Chez les petits et chez les grands. 


Les Canadiens de l'Alberta 
Auront leur poste CHFA. 
Mais pour cela, il faut de l'argent. 
Sortez vos piastres, chers habitants. 


Nous autres, aussi, les animaux, 
On aimerait ca, une radio, 

Ce serait une chose bien utile 
Pour les gens de Goffeurville, 


Le matin, au lever du soleil, 
Le coq sonnerait le réveil, 
En chantant à la radio : 
Cocorico ! Cocorico 


La chatte 3 la mère Sophronie 
Gagnerait facilement sa vie. 
Comme les artistes du cinéma, 
Elle miaulerait à CHFA. 


Pour ceux qui aiment les concerts, 
On diffuserait sur les airs, 

Des opéras du meilleur goût, 

Par la chorale des vieux matous. 


Au lieu de courir après les vaches, 
La queue en l'air comme un 

{ panache, 
Mon ami, le chien Pataud, 
Les appellerait par la radio, 


Les animaux pourraient vanter 
Les produits de leurs métiers : 
Beurre et fromage, lait et jambon, 
Ragoût de pattes, laine de mouton. 


Mais ce qui est encore plus beau, 
Si on avait notre radio, 

Vous auriez l'immense bonheur 

D'entendre chanter le Goffeur, 


Peut-être qu'un jour les animaux 
Auront leur poste de radio. 

Mais en attendant <e jour-là, 
Encouragez CHFA. 


LE GOFFEUR. 


| en. Alberta. La. seule différence, c'est 
“Les chasses de foin se multiplieront aver 


TR en à dde ne A OR GT LA 8 RS GA re 


«aise contre les forces étrangé- 
res ct hostiles qui la menscent. 
Comme Je disait Mgr Maurice 
Baudoux, en 1944, dans une con- 
férence à Québec, “cinq facteurs 
ont déterminé chez snous lac- 
complissement du fait français: 
le fover, le clocher, l'école, — 
ct j'entends par là la petite éco- 
le — le pensienvat et le collège, 
le journal, l'organisation. Or, 
voici que dans POuest, tandis 
que quatre de ces cinq facteurs 
demeurent intacts et même aug- 
mentent leur rendement, l'autre 
fléchit. Et c'est le premier, le 
plus important: le foyer. 

“Si le fover a faibli, ce n'est 
pas, du moins plus qu'ailleurs, 
nar- désagrégation interne, mais 
par l'intrusion d’un ennemi du 
dehors auquel il est moralement 
impossible de résister: la radio 
anglaise, : 

“Jusqu'à l'avènement de la ra- 
dio, nos fovers étaient cominue 
des sanctuaircs fermés à la lan- 
gue anglaise, des oasis françai- 
ses en pleine civilisation étran- 
gère. Nos enfants n’entendaicnt 
noint ou peu d’anglais tant qu'ils 
ne franchissaient pas le seuil du 
toit paternel pour se rendre à 
l'école. Et à partir de là, quand 
ils rentraient à Ja maison, ils y 
retrouvaient leur parler, rien que 
leur parler, et la vie du foyer 
leur était un bain vivifiant qui 
les immunisait contre l'anglici- 
sation de l'extérieur. Avec l’avè- 
nement de la radio, “nos fovers 
ont été violés”, comme le disait 
un de nos pères de familic.” 

Au point de vue religieux, il 
n’y a pas de doute que notre 
poste nous aidera à conserver 
ct à fortifier nos convictions ca- 
tholiques. C’est encore Mgr Bau- 
doux qui l’a remarqué avec le 
plus de iustesse, “l’audition des 
programmes anglais n’est pas 
seulement néfaste au point de 
vue français. Elle l’est également 
au point de vue religieux, d’au- 
tant plus que nos gens ne s’en 
méfient pas. 

“La plupart des conférenciers 
du réseau national n'appartien- 
nent pas à notre foi. Souvent, ils 
sont pratiquement athécs. Leur 
conception du monde est maté- 
rialisite, Les réformes d’après- 
guerre qu’ils préconisent, sont 
imprégnées de  matérialisme. 
S’il s’agit des valeurs religieuses, 
c'est toujours d'un vague et 
d'une “neutralité” qui en détruit 
Pefficacité.., 

“Quant aux programmes dra- 
matiques, un grand nombre sont 
franchement mauvais par Jeur 
conception Ppaienne de la vie et 
eu: particulier leur mépris de 
l'indissolubilté du mariage. Le 
titre d'un de ces radio-romans 
est provocateur::“The Righé # 
Happiness”. ue 

“Sans s'en ‘apercevoir, Dos 
gens s’abreuvent à des sources 
empoisonnées et manifestement 
en arrivent à penser ce qu'ils en- 
tendent.” ; 

Au simple point de vue intal- 
lectuel, la perte de notre langue 
serait pour nous et pour tout k 


€ qu'on laisse le 
les progrès de la culture mixte 
où ; 


# 


Canada un  appauvrissement. 
C'est la un fait communément 
admis par tous Jes Canadiens 
vraiment cultivés et chez qui le 
fanatisme n'a pas tué le Lon 
sens el la saine appréciation des 
valours spirituelles. Le Pape lui- 
même écrivait dans sa lettre du 
28 avril 1948 à l'Académie fran- 
caisc: “On ne louera jamais as- 
sez la langue française pour sa 
clarté, sa précision et sa distine- 
tion qui en firent par excellen- 
ec Ie langage de la diplomatie.ct 
des sciences spéculatives. Et ce- 
la, non par le fait d’une élection 
arbitraire, car eclie est par-dessus 
tout la langue de l'art, de Ja lit- 
térature et de la poésie, la lan- 
gue de Fesprit et du coeur.” 
Quand nous défendons notre 
langue, nous sommes donc en 
bonne compagnie. 

C'est un fait que plusieurs de 
nos competrioles de langue an- 
glaise font da réels sacrifices 
pour apprendre le français. Ils 
voudraient pouvoir Ja parler 
couramment, comme une langue 
de haute culture qui se trouve 
être, par la force de l'histoire et 
notre volonté de la conserver, 
lune des deux langues officielles 
du pays. | 

Dans la luite que noùs avons 
livrée pour l’établissément d'un 
poste de radio français à Edmon- 
ion, les principes mêmes de la 


démocratie canadienne étaient 
en jeu. 
L’Acte de l'Amérique britan- 


nique du Nord accorde des 
droils égaux aux deux races qui 
ont bäti et dévelopné le Canada. 
Ces droits doivent être respectés 
et affirmés par des faits. Sans 
cela, la mésentcnte ne fera que 
grandir, la paix deviendra plus 
difficile entre Iles citoyens de 
langue ct de foi différentes. En 
nous battant pour mettre du 
français à la radio, nous travail- 
lions en réalité pour le triomphe 
des principes qui doivent assu- 
1er Ja naix au Canâda. Les An- 
glo-Protcstants qui nous ont sou- 
tenus au plus fort de la lutte, 
l'ont compris. La lettre que le 
colonel Bavey envoyait alors 
spontanément au rédacteur cn 
chef de la Survivance, le R. P. 
Breton, montrait clairement que 
notre démocratie canadienne 
était en cause. Une défaite pour 
nous aurait été une défaite pour 
elle, 

Pour foules ces raisons, nous 
avons combatiu pendant de lon- 
gues années. Ce qui soutenait no- 
tre courage et entretenait notre 
espérance, c’est que nos frères 
du Québec étaient avec nous. 
Sans ceux, nous le répéluns, nous 
n’aurions pu obtenir la victoire. 
Nous comptons encore sur leur 
coopération pour garder vivante 
en Alberta notre langue françai- 
se et notre foi cat'iolique. 


D —+ one 


Connaître son pays 


“S'il n'est pas inutile d’ap- 
prendre la géographie des Etats 
étrangers, il importe davantage 
de connaître la carte de notre 
pays, de savoir les beautés natu- 
relles et les ressources que recè- 
lent, par exemple, le Nord-Ouest 
québécois, le nouvel Ontario et 
l'Ouest canadien.” ‘ 

Lettre pastorale des évêques 
de Québec, 1946. 


foin en meules sur le champ 
et de l'agrirulinre familinle. 


RTS na tee pete AR A ARR UN ARE ea ne nds, 2 à RSR Up né ca muet eu 80 ne sn pe mn 
a PARTS 


RS 


Par CE. COUTURE 


La nation canadienne-françai- 
se comme l’admettent générule- 
ment les dirigeants de nos diver- 
ses'clasées sociales, ne continuc- 
ra de grandir, de répandfe la 
civilisation chrétienne, que si 
elle gsrde dans l'atmosphère ru- 
rale de 40 à 56 pour cent de sa 
population À cèlte condition el- 
le entretiendra bien vivantés les 
sources de sa vitalité: sa famil- 
le et sa paroisse rurales. , 

La nation canadienne-‘rançai- 
se est en 1948 en face de la mê- 
me alternative qu’en 1848: elle 
colonisera comme c'est son de- 
voir de le faire ou elle laissera 
affaiblir indûment ses sources 
de vitalité èn souffrant que quit- 
tent à chaque année le campagne 
les fils et les filles d'habitants, 
seuls réellement capables en res- 
tant au sl de contribuer à son 
progrès réel par l'augmentation 
d'unités agricoles autonomes, de 


{famillés productrices de riches- 


ses. La mission de notre nation 
n'a pas Changt; elle consiste en- 
voré à étendre Ja chrétienté de 
l'Atlantique au Pacifique; elle 
ne se réalisera que dans la me- 
sure où resteront au sol céux-là 
qui par vocation sont appelés à 
x déployer leur vie. 


- 


Qualités nécessaires 


Il peut être bon de suuligner 
que pour que la famille cana- 
dicenne-françaisé reste à la terre, 
il lui faudra conserver et culti- 
ver l'ensemble des qualités dont 
sont façonnées les ânes: paysan- 
nes. Il cêt facile de dire que ics 
jeunes n'aiment pas la (terre, 
qu'ils sont prêts à lui tourner 
le dos. Il serait plus vrai d'ajou- 
ter qu'ils ne sont péut-étre plus 


ture, la plus noble des profès- 
sions. D'ailleurs, il suffit d’une 
très brève entrevue avec les vrais 
habitants pour apprendre que ce 
ne sont pas lès hommes qui aban- 
donnént la térre, mais que c’est 
plutôt la terre qui né veut pas 


habitants ne mänquéront pas de 
vous dire que tèl ménage, tel 
jeune couple, ne méritaicnl pas 
‘de réster à la terre parce qu'ils 
ne possédaiént pas en cux les 
qualités indispensables à la pro- 
fession d'agricultéur. 


Un fait inquiétant 


Un rapide coup d'oeil sur le: 
données statistiques suffit à con- 
vaincre les. plus sceptiques, du 
danger de l'exode rural. Ainsi, 
en 1881, près des'trois quarts de 
la population dé ia province de. 
Québec vivaient de l'agriculture 
directement. En 1941, soit soi- 
xante ans plus tard, il n'est plus 
que 37 pour cent de la popula- 
tion qui vit à la. campagne dont 
sûrement moins de 20° n: 100 de 
la profession agricole. Peur qui 
connaît là valeur d'une famille 
agricole aux points de vue reli- 
Bleux, social et national, ce ren- 


phique de nos nopulations ur- 
baine et rurale est de très mau- 
vais augure, surtout si l’on tient 
compte de l'avenir plus que du 
présent, des valeurs morales el 


sociales plus’ que des valeurs 
économiques. 


Au point de vue: catholique 


. Comme partout ailleurs, la ci- 
vilisation chrétienne ne ramilie- 
ra au Canada que par la terre. 
C'est aussi dans le milicu rural 
que l'Eglise ira toujours recruter 
une partie importante des voca- 
tions dont elle a besoin pour al- 
ler de l'avant. En règle général+, 
ce seront toujouts les grosses fa- 
milles qui cultiveront chez leurs 
enfants l'ensemble des vertus 
qui font poindre les civilisations, 
germer es vocations. A ce point 
de vue, selon le témoignage de 
Mgr Luigi G. Ligutti, secrétaire 
de la National Catholic Rural 
Life Conference of America, 7 p. 
100 de la population étatsunien- 
nè qui vit sur la terre fournit au 
delà de 50 p. 100 des enfants ca- 
tholiques des Etats-Unis ‘et une 
Proportion à peu près égale. de 
Yocations à l'Eglise. C'est beau, 
mais c’est trop péu. Si bien que 
la hiérarchie, catholique. s'est 
vite rendue # l'évidence qu'il 
lui fallait plus d'agriculteurs et 
vu l'impossibilité où ellé se trou: 
ve de faire retourner à la terre 
un nombre suffisant de families, 
elle décida en 1946 de faire ve- 
nir d'Europe quelque 100,000. fa- 
milles catholiques paysannes. 
Elle verrait elle-même, par le 
truthement de la National. Catho- 
lic Rural Life Conference, à les 
recruter et, ensuite, à les éta- 
blir, Elle estime donc pouvoir 
garder à la terre d'ici. deux ôu 
trois genérations une partie au 
moins des 7 p. 100 de catholiques 
qui y vivent encore et environ 
50 p. 100 de ces familles paysan- 
nes. De cetle seule façon élle 
Croirait possible d'assurer la con- 
tinuité de l'Église dans cent ans, 
voire dans. cent cinquante ans. 
C'est là le projet dont nous a 
fait part Mgr Ligutti, projet qui 
par certeins éôtés, dénotce claire- 
ment la tournure d'esprit prati. 
que de nos voisins du Sud, 

Nos familles de villes fournis- 
sènt encore un nombre considé- 
nee vocations. Cela découle 

U fait qu'une proportion impor- 
tante dés familles de vie n'y 
Sont établies que de date récente 
de sorte qu’elles n’ont pas cneo- 
re perdu les qualités acquisès 
dans l'amosnhère rurale, dont le 
respect dé la vie, partant le res- 
pect de ja famille. Mais, toujours 
selon Mgr Ligutti, {l ne faudrait 
Pas pour autant s’ilusionner, en- 
tretenir de faux éspoirs pour 
l'avenir au point de croire, bar 
exemple, que les familles. urbai- 
nes continueront d'élever des 
grosses familles à Ià troisième 
génération, Si tlles donnent des 
vocations à l'Eglise à ce temps- 
4, Ce Ne Sera que par éxception:; 
ce qui, comme on le dit couram- 


ment, ne fera que confirmer la 
règle. - 


Traditions françaises \ 


Quant à notre culture françai 
se.à nos traditions politesse 


ns. 


lsociales, 


dignes de là terre, de l'agricul-. 


des hommes. En effet, des vicux, 


versement du rapport démogra- 


en. 
PRÈS Een à de 42 V2 de OR EE AR En A Po An DUR A 


près 4 l'on en arrive à fl 
rés Aux mêmes c : 

Dans la grosse Famille, rs 
plupart du temps, elles se fe la 
mettent et s'enrishissent- ds 

petite, elles ont tendance qe | 
faiblir, à disparaitre, Poe 
voyageurs élrungers qui Nan 
notre campagne, il est évide" 
que c'est dans Ja grosse fa nl 
rurale qu’il y a lieu pour ns 
onder nos plis beaux x de 


r'] espoi 
L'expérience nous prouve 
nos familles catholiques et Ping 
caises, lorsqu'elles an 


sont aTOupée 

dirigées par 
langue, lorsk 
Pourvues d'écol ii 


dans des paroisses 
des curés de leur 
qu'elles sont 
cathoïiques et françaises 
leurs enfants, ne défaillent r 

nent, où qu'elles soient étable 
au pays. Et lors même qu'elle 
subissent, comme c'est le cas dr 
familles établies en dehors n 
Québec, une plus forte influence 
des mocurs étalsunicanes el. A 
n'en ces$eni pas moins de ke 
comparer tros Avantageusement 
aux meilleures familles de de 
les du Québec du Point de : 
de la natalité, 1 


La ville tue les familles 


La ville cest une { 
d'hommes, on ne le ts 
ais trop souvent En mnyenne 
les familles s'étcignent à la qua 
triéme génération. À Ja Campa 
gre, il en est bica aulrement, E 
Europe, par exemple, Dour h 
faire allusion qu'à des exemple 
que l'on nous a donnés, i] el 
des families qui occupent le midi 
ne bien agricole depuis au delà 
de dix siècles. C'esl le cas del 
famille de Mer Ligutti, en Iaïie. 
Ce aui revient à dire que si les 
familles de la campasne québé. 
coise en venaient à endiguer ti 
talement l'exode rural pour une 
période de cent ans, Ja métropoli 
ne serait plus qu'une ville fan. 
tônie. ss 


L’économiaue 


Mais l'économique, qu'en {aff 
tes-vous? L'économique, si ir-W 
portant qu'il soit, doit se relt 
gücr au dernier plan. D'une fr 
oh plus sénéraliste qu'on re 
lé laisse voir, le niveau matériel 
de vice des habitants est d'emblée 
sunêrieur à celui des gens de MS 
villes. Tous les régimes écont: 
miques sont d'un caractère pas 
sager, éphémère, Si donc il im 
porte de consentir quelque; Ba 
Adabtations pour un tergns linl Wii 
té, il ‘faudrait avoir soin de w 
Pas énfamer ces vérilés qui de. 
meurent, qui ne cessent de cl 
ditionner la vie intéricure dell 
-nàtions. ° 


Source de survivance 


Notre peuple catholique ‘li 
francais, en raison de son il 
élevé de natalité, taux qui sm 
bolise d’ailleurs son respect dr 
lois de Ja nafure, ne peut px 
grandir à moins de coloniser 
de rouler sans resse les frônti di 
res de son domaine arable en vid 
de-rénouveler, au fur et à meuli 
re du besoin, le réservoir de sd 
forces vives qu'ont toutours : 
CE seront toujours <es famillees 
agticoles et ses paroisses rurale 
La colonisation chez un reuell 
on doit toujours être d'actuz 
ité. 


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